L'optimisation de la prise en charge de la santé menstruelle des femmes travailleuses atteintes d'endométriose en Belgique
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- L’introduction récente du congé menstruel en Espagne soulève des questions sur la prise en charge de la santé menstruelle des femmes travailleuses en Belgique. Le droit à la protection de la santé inclut la santé menstruelle, qui mérite un accès aux soins préventifs et aux traitements médicaux adéquats. L’endométriose est une pathologie gynécologique répandue parmi les femmes, elle reste cependant peu reconnue et préoccupante sur le plan médical. Elle est difficile à diagnostiquer, les femmes atteintes recevant généralement un diagnostic plusieurs années après leurs premières plaintes. Il s’agit également d’une maladie difficile à soigner, faute de traitement curatif. Les femmes atteintes d’endométriose sont sujettes à de nombreux symptômes incapacitants, entre autres des douleurs accrues au niveau du bas-ventre. Elles ne bénéficient néanmoins d’aucun avantage ou soutien spécifique liés à leur maladie sur leur lieu de travail. L’objectif de ce mémoire est de répondre à la question de recherche suivante : « Comment les femmes travailleuses atteintes d’endométriose perçoivent-elles la prise en charge de la maladie en Belgique ? ». Ce mémoire se base sur la représentation de la prise en charge de la maladie par des femmes atteintes d’endométriose. Pour la récolte des données, la méthode qualitative des entretiens semi-directifs a été utilisée. L’analyse des données s’appuie sur la transcription des entretiens individuels de dix femmes travailleuses atteintes d’endométriose en Belgique. Les résultats sont axés sur quatre thématiques distinctes : le vécu de la prise en charge médicale de la maladie, sa reconnaissance dans le milieu du travail, l’impact de la maladie dans les relations interpersonnelles et avec soi-même, et les solutions futures à mettre en place. Les résultats de cette étude présentent une perception majoritairement insatisfaisante de la prise en charge par les participantes, liée au diagnostic tardif, au manque de reconnaissance de la maladie et à l’absence d’aménagements au travail. Cette étude propose des pistes de réflexion sur le besoin d’informations et de sensibilisation à la maladie, en particulier auprès du corps médical, la valorisation de la maladie sur le lieu de travail et l’amélioration de l’accès à des cliniques spécialisées. La mise en place de politiques de santé telles que l’introduction du congé menstruel, la formation obligatoire des gynécologues et des médecins traitants sur l’endométriose, la reconnaissance de l’endométriose comme une maladie chronique et l’amélioration des réseaux de soins par une approche multidisciplinaire et individuelle permettraient de faire de l’endométriose une priorité de santé publique et d’améliorer le vécu de la maladie pour les femmes atteintes.