Les rôles de la lumière au sein des retables et ses interactions avec leur structure dans les anciens Pays-Bas méridionaux aux XVIIe et XVIIIe siècles
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- La lumière prend différentes formes dans son interaction avec les retables des anciens Pays-Bas méridionaux aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est possible d’en identifier trois types distincts mais en interactions constantes : la lumière matérielle, c’est-à-dire principalement la gloire, la lumière naturelle provenant des fenêtres et autres ouvertures, et la lumière artificielle produite par les luminaires. Les gloires prennent une place croissante dans la structure du retable à cette époque. Cela va de pair avec une ouverture de la structure du meuble. Ce mouvement est lui-même lié à la l’importance progressive accordée à la sculpture. La gloire sera fondamentalement liée à ces scènes sculptées. La gloire va passer outre les frontières des registres du retable et ainsi intégrer les parties basses du meuble. Le lien entre la gloire et la scène sculptée est très étroit étant donné que dans bon nombre de cas, de plus en plus fréquents au fil du temps, la gloire participe activement à la scène. L’apothéose, et de façon plus générale la glorification, sont des thèmes extrêmement fréquents dans ce lien entre sculpture et gloire. En plus d’être le signe de la présence divine au sein de l’église, la gloire est aussi un accès vers le monde céleste. La lumière naturelle permet des jeux d’éclairage avec la scène sculptée qui prend de l’importance au sein des retables. Elle sera l’objet d’une attention toute particulière de la part de nombreux artistes en charge de la construction de retables. Dans la plupart des cas les artistes ont dû s’adapter à une architecture antérieure et à sa lumière. Plusieurs types d’interactions entre la lumière naturelle et le retable existent : lumière directionnelle, lumière diffuse, contre-jour, etc. La lumière naturelle entre aussi en interaction avec la gloire et lui confère ainsi toute sa signification symbolique. La lumière artificielle est étroitement liée au rituel liturgique. Le nombre de chandeliers et les occasions pour lesquelles ils sont allumés sont décrits dans les textes concernant le déroulement du rituel. Au travers des peintures de vues d’intérieurs d’église nous pouvons avoir une idée de la disposition de ces luminaires. Ces représentations nous permettent aussi d’envisager l’atmosphère dégagée par ces luminaires la nuit. Elle devait alors faire briller les ors de la gloire. Les décorations éphémères dont les retables font l’objet montrent une utilisation importante de la lumière artificielle. Les Quarante-Heure en est l’une des plus belles occasions, le retable disparaissant parfois sous la décoration et ses innombrables lumières. La lumière artificielle jouait ainsi un rôle actif dans le culte catholique au même titre que la lumière matérielle et la lumière artificielle.