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Philippart_Adrien_73101200_2018-2019.pdf
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- Introduction Plusieurs guidelines internationaux suggèrent de ne plus faire de bilan d’extension systématique chez les patients atteints d’un cancer du sein asymptomatiques de stade I et II, son rendement étant extrêmement faible. Pourtant diverses études montrent que peu de médecins suivent réellement ces recommandations. Le principal argument incitant les médecins à réaliser un bilan d’extension chez ces patients provient du fait que les guidelines se basent uniquement sur la classification TNM et ne prennent pas en considération les facteurs pronostiques généraux ni la classification moléculaire en particulier. Ceci mène à une inquiétude à sous-diagnostiquer la présence de métastases occultes. Or, l’utilisation excessive de l’imagerie n’est pas sans méfaits : elle augmente les délais de soins et les coûts liés aux soins, elle contribue à l’irradiation du patient et peut mener à des gestes invasifs. Objectifs Aux Cliniques universitaires Saint-Luc le bilan d’extension est systématiquement réalisé quel que soit le stade ou la symptomatologie du patient. Avec cette étude nous voulions rechercher, au niveau local, (1) quel était le rendement du bilan d’extension chez les patients asymptomatiques atteints d’un cancer du sein à un stade précoce, (2) s’il existe des facteurs pronostiques ou sous-types moléculaires qui prédisposent davantage à l’existence de métastases de novo et, donc, (3) chez quels patients le bilan d’extension pourrait, raisonnablement, ne pas être réalisé. Matériel et méthodes Cette étude rétrospective a inclus 359 femmes et hommes issus des concertations multidisciplinaires de la Clinique du Sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de mai 2016 à novembre 2017, tous présentant une première pathologie mammaire tumorale maligne invasive et bénéficiant d’un bilan d’extension. Nous avons comparé les caractéristiques des tumeurs entre les patients chez qui des métastases ont été découvertes et ceux chez qui aucune métastase n’a été identifiée. Nous avons également étudié le rendement du bilan d’extension réalisé, les facteurs potentiels uni- et multivariés au développement de métastases de novo, la distribution des métastases selon la symptomatologie des patients et la corrélation entre l’envahissement ganglionnaire clinique (cN) et pathologique (pN). La difficulté à différencier, de façon rétrospective, les patients cN1 et cN2a selon la stadification de l’AJCC 2017 8th edition nous a forcé à les inclure en une et même entité plus globale que nous avons appelé ‘atteinte de ganglions axillaires’ enregistré sous cN1. Cependant cette généralisation a inclus des patients de stade III dans les stades I et II et, par conséquent, nous nous sommes focalisés sur les stades I et II asymptomatiques sans envahissement ganglionnaire clinique (cN0). Conclusion Plusieurs faits nous incitent à réduire l’utilisation d’imageries systématiques chez les patients asymptomatiques de stade I et II sans envahissement ganglionnaire clinique (72% de la population étudiée). Premièrement, seulement 1.16% de ces patients avaient des métastases occultes. Deuxièmement, le rendement du bilan d’extension est extrêmement faible, voire inexistant : 666 imageries « simples » et 155 imageries « avancées » ont été utilisées pour ne détecter que 3 patients avec des métastases occultes. Troisièmement, aucun facteur pronostique ni de sous-type moléculaire n’a pu être mis en évidence comme étant un facteur potentiel au développement de métastases de novo. De plus, notre mise au point d’envahissement ganglionnaire (cN) avait une excellente valeur prédictive négative (99,5%) vis-à-vis du statu histologique (pN), tenant compte du fait que l’envahissement ganglionnaire clinique était un important facteur potentiel au développement de métastases de novo.