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Le traitement pénitentiaire des collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale (Belgique, 1946-1951)

(2019)

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Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, le bilan en matière de répression des infractions contre la Sûreté extérieure de l’Etat, définie à travers l’expression « collaboration avec l’ennemi », s’élevait à plus de 53 000 condamnations. L’incarcération massive qui a suivi a donné lieu à la mise en place d’un traitement pénitentiaire nouveau dominé par des mécanismes de réhabilitation sociale. L’idée était essentiellement celle de rééduquer, voire même de guérir les membres « malades » du corps social que représentaient les inciviques et dont la délinquance extrêmement politisée était considérée comme un risque pour l’Etat belge et ses institutions. Les pouvoirs publics s’inquiétaient de leur réintégration et de leur reclassement dans la société et aspiraient à transformer les inciviques en bons patriotes. L’image d’une « bonne » citoyenneté s’est alors rapidement dégagée et a conditionné tout le parcours du détenu, du traitement pénitentiaire jusqu’à l’obtention d’une libération conditionnelle, et même encore à l’extérieur des murs de la prison.