Alertes médicamenteuses pour la prescription informatisée en pédiatrie dans Medical Explorer: évaluation des pratiques professionnelles dans l'utilisation de ces alertes aux Cliniques universitaires Saint-Luc
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- INTRODUCTION: Les enfants sont particulièrement à risque d’erreurs médicamenteuses car l’ajustement des posologies est complexe dû à la variabilité de leur pharmacocinétique, l’hétérogénéité de cette population et le manque de recommandations. Les aides à la décision clinique (Clinical Decision Supports, CDS) intégrées aux logiciels de prescriptions informatisées diminuent ces erreurs. Les Cliniques universitaires Saint-Luc (CUSL) disposent de CDS sous forme d’alertes médicamenteuses intégrées au logiciel Medical Explorer, qui interrompent le prescripteur en cas d’erreurs de prescription (dépassement de posologie, interaction médicamenteuse, doublon). Il peut les ignorer (bypass) s’il juge le risque acceptable. La littérature montre que les alertes sont souvent bypassées chez les adultes. Il y a peu d’études sur le sujet en pédiatrie. OBJECTIFS: La première partie de ce travail avait pour objectifs de décrire le taux de bypass des alertes en pédiatrie aux CUSL et d’identifier des caractéristiques (prescription-prescripteur-patient) associés au bypass de l’alerte « dépassement de posologie » (DDP). La deuxième partie étudiait la pertinence des bypass de l’alerte DDP (appropriateness), ainsi que leurs conséquences sur la santé des patients (safety). La dernière partie recueillait les perceptions des pédiatres sur ces CDS. METHODES: Premièrement, une analyse rétrospective de toutes les prescriptions déclenchant une alerte entre le 22/11/18 et le 22/04/19 chez les enfants (0-17 ans) a été réalisée, et les associations ont été étudiées par régression logistique multivariée. Deuxièmement, dix prescriptions de cinq médicaments ont été analysées pour la partie appropriateness-safety. Troisièmement, cinq pédiatres ont été interviewés. RESULTATS: Les alertes se déclenchaient rarement (3,7%), mais le taux de bypass s’élevait à 90,1%. Les alertes les plus bypassées étaient les doublons (92,2%) et les DDP (84,8%). La décision du médecin de bypasser l’alerte DDP, était associée à l’âge du patient, au moment de la journée auquel était faite la prescription, et au type de surdosage. Parmi les 5 médicaments analysés, les médecins avaient raison de bypasser les alertes DDP dans 85,7% des cas et aucun patient n’a vu son pronostic vital engagé. Finalement, les médecins avaient confiance dans les alertes, mais relevaient différents problèmes et suggéraient des améliorations. CONCLUSIONS: Le taux de bypass des alertes pédiatriques est élevé mais justifié, principalement pour les doublons et DPP. Différentes caractéristiques sont associées à la décision du médecin de bypasser l’alerte DDP. La pertinence des alertes et la formation des prescripteurs devraient être revues pour réduire ce taux de bypass.