Pour une reconsidération de la norme sociale de travail et de son rôle dans le processus de normalisation du chômage
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- Une littérature foisonnante soutient, depuis de nombreuses années, que les chômeurs font état d’une santé mentale inférieure à celle des travailleurs (Murphy & Athanasou, 1999 ; Paul & Moser, 2009). Bien que Jahoda (1981), au travers de sa théorie de la privation des besoins, explique la dégradation de la santé mentale des chômeurs par l’impossibilité de combler certains besoins humains fondamentaux, sa perspective les considère néanmoins comme des êtres passifs subissant leur situation. D’autres auteurs (e.g. Lazarus & Folkman, 1984) avancent quant à eux que, face à l’expérience préjudiciable que constitue le chômage, les individus font preuve d’une certaine proactivité et mettent ainsi en oeuvre diverses stratégies pour y faire face. Ces stratégies, dites de ‘coping’, permettraient de rendre compte des différences individuelles (du moins, une partie) existantes au niveau de la santé mentale des chômeurs. Bien que séduisantes, ces différentes théories expliquent la relation entre le chômage et la santé mentale par des processus intra-individuels, n’accordant ainsi aucune place au rôle que peuvent jouer les interactions sociales dans la relation «chômage–santé mentale». Or le chômage est un stigmate social associé à une rupture de la norme, et faire partie de ce groupe social minoritaire s’accompagne inévitablement de stéréotypes, de préjugés et de discrimination (Goffman, 1963). Dans ce mémoire, nous nous penchons sur une stratégie de coping particulière qui a émergé dans la littérature scientifique récente relative au chômage : la normalisation du chômage (Pignault & Houssemand, 2018). Cette dernière, contrairement au coping tel qu’envisagé notamment par Lazarus et Folkman (1984), accorde une importance à la norme sociale de travail. Nous verrons cependant que rendre compte du potentiel effet d’une norme sociale n’est pas chose aisée, du fait notamment de sa définition plurivoque dans la littérature. Ce mémoire tente de clarifier la norme sociale de travail dans le but d’affiner notre compréhension de sa potentielle influence dans l’utilisation de la stratégie de normalisation du chômage. Notre proposition d’étude future se donne pour objectif d’investiguer la relation qu’entretiennent ces variables et leur implication dans la santé mentale des chômeurs.