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Le crowdfunding : quel impact sur l'entrepreneuriat social ?

(2017)

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Notre sphère économique est en pleine transition en raison d’une crise financière et économique, d’un développement des nouvelles technologies ainsi que de l’apparition de nouvelles considérations éthiques. Nous sommes aujourd’hui témoins d’une modification des business models entraînant un grand changement au sein de l‘élaboration de ceux-ci. Suite à ce changement, certaines entreprises souhaitent volontairement s’éloigner d’un modèle for-profit pur pour se diriger vers d’autres formes de structures plus hybrides. Parmi les entreprises adoptant ces nouveaux modèles économiques, certaines ont en effet décidé de non pas mettre l’accent sur l’objectif financier mais de se concentrer essentiellement sur un objectif d’impact sociétal. Ce dernier reste par définition assez large et peut dès lors être de l’ordre du domaine social ou encore environnemental. Ces entreprises, présentes dans divers secteurs d’activités, viennent challenger l’ordre établi de l’économie. Malgré un large champ d’action, celles-ci peuvent converger vers un même concept, l’entrepreneuriat social. C’est dans ce contexte de changements frénétiques que certaines entreprises ou certains organismes de financement publics ou privés tentent d’apporter des solutions de plus en plus accessibles et utiles en termes de financement. Parmi ces solutions, le crowdfunding (CF) est un nouveau venu au sein des possibilités de financer son projet. Le CF est une approche innovante, reposant sur les contributions en capital d’un large public au travers d’une plateforme en ligne et ce, afin de financer une variété de projets, qu’ils soient créatifs, culturels ou innovants. L’un des apports de ce moyen de financement est que la communauté, au-delà de la contribution financière, tend à s’impliquer dans des projets dans lesquelles elle a foi. Le choix de notre sujet et de notre problématique a été motivé par l’ES et la volonté d’apporter un nouveau regard sur le recours au CF par les entrepreneurs sociaux. En effet, les moyens de financement classiques semblent en décalage avec la croissance des entreprises sociales (Agrawal et al., 2011 ; Fedele et Miniaci, 2010 ; Lehner, 2013). C’est pourquoi nous avons choisi de nous concentrer sur les méthodes de financement alternatives pouvant potentiellement pallier à ce problème et plus précisément sur le CF. De fait, la question du CF a été largement traitée dans la littérature et plus particulièrement dans l’industrie créative (Lehner, 2013). Par contre, peu de publications abordent le CF dans un contexte d’ES. Au travers de ce mémoire, nous chercherons à comprendre dans quelle mesure le CF est un moyen de financement adapté aux défis de l’ES ? La première hypothèse de cette recherche postule que les entrepreneurs sociaux rencontrent des difficultés dans leur recherche de financement. En effet, d’après Maree et Saive (1983), les entrepreneurs sociaux font face à des difficultés en matière de financement que ce soit au sein de leur entreprise ou dans leur environnement. Ensuite, nous avons posé l’hypothèse que le CF, en tant que financement alternatif, est plus qu’un moyen de financement pour les entrepreneurs sociaux. Effectivement, les apports du CF peuvent être classés en trois catégories : financiers, organisationnels et stratégiques (Bessière et Stéphany, 2014). Au moyen de notre troisième hypothèse, nous nous sommes également intéressés à l’influence de l’orientation sociale sur le succès de la campagne. Il s’avère que les entreprises ayant un but non-lucratif ont tendance à avoir plus de succès dans leur campagne de CF (Lehner, 2013 ; Smith, 2015). Enfin, nous avons émis notre dernière hypothèse stipulant que le CF, en raison des caractéristiques qui lui sont propres, répond aux défis des entrepreneurs sociaux. Cette idée sous-entend que le CF offre des caractéristiques compatibles avec le fonctionnement de l’ES ce qui est soutenu par Meyskens et Bird (2015). La première partie de ce mémoire constituera notre cadre théorique et visera à définir l’ES mais aussi à comprendre la façon dont ces entreprises se financent. Ensuite, La deuxième partie s’intéressera à un financement alternatif en particulier, le CF. Nous définirons cet outil ainsi que ses différentes formes. Enfin, La troisième partie portera sur le CF social. Nous définirons ce concept et chercherons à cerner les avantages de ce type de financement dans un tel contexte social. Notre enquête qualitative nous a permis de comprendre qu’en effet les entrepreneurs sociaux faisaient face à des difficultés dans leur recherche de financement. Des obstacles à la fois internes et externes aux entreprises sociales ont été clairement identifiés. Ensuite, nous avons pu également déterminer que le CF était plus qu’un moyen de financement pour les entrepreneurs sociaux. Les résultats démontrent clairement un certain nombre d’apports pour les entrepreneurs sociaux se déclinant en un niveau interne, externe et de la plateforme. La découverte majeure de ce mémoire est que l’orientation sociale d’un projet n’influence pas la probabilité de succès du CF. En effet, il est difficile de mesurer ce rapport étant donné qu’il faudrait pouvoir évaluer deux projets identiques dont uniquement l’un des deux aurait une mission sociale. Finalement, l’enquête de terrain a confirmé l’hypothèse traduisant que le CF, en raison des caractéristiques qui lui sont propres, répond aux défis des entrepreneurs sociaux. Malgré ces caractéristiques répondant aux défis de l’entrepreneuriat social, il convient de préciser que dans l’utilisation du CF, les entrepreneurs sociaux sont tout de même soumis à certaines limites. De plus, certaines caractéristiques du CF ont un effet ambigu sur le financement des entrepreneurs sociaux et sont, dès lors, caractérisées comme ambivalentes. À notre question de recherche : « Dans quelle mesure le CF est un moyen de financement adapté aux défis de l’entreprenariat social ? », nous pouvons répondre que le CF est définitivement source de nombreux apports adaptés. Dès lors, les entrepreneurs sociaux peuvent trouver certains avantages dans l’utilisation du CF qu’ils ne trouveraient pas forcément parmi les moyens de financement classiques. Il convient tout de même de nuancer ces propos d’une manière générale. D’un point de vue pratique, notre enquête a été menée auprès de cinq plateformes spécialisées entièrement ou en partie dans le CF social. L’une des plateformes était en phase d’expansion en Belgique et n’avait pas d’expérience en tant que telle dans le soutien de projets d’ES en Belgique. Le fait que les plateformes soient toutes spécialisées dans les projets à impact social peut potentiellement rendre leur jugement moins objectif vis-à-vis des entrepreneurs sociaux. Aussi, les trois entrepreneurs sociaux interrogés avaient tous réussi et réalisé leur CF via la même plateforme, Growfunding. Dès lors, il serait intéressant d’étendre cette enquête qualitative à des entrepreneurs sociaux ayant fait appel à d’autres plateformes. De plus, il serait intéressant de récolter l’avis d’entrepreneurs sociaux n’ayant pas réussi leur campagne. Ils pourraient amener un regard plus impartial sur la question des apports, de l’influence de l’orientation sociale ou encore des caractéristiques répondant à leurs besoins.