Sclérose en plaques et grossesse: Analyse de cas aux cliniques universitaires Saint-Luc
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- La Sclérose en plaques (SEP) est une pathologie auto-immune, inflammatoire et chronique du système nerveux central avec une prédominance homme-femme de 1/3. Le Diagnostic est souvent posé entre 20-40 ans, période durant laquelle les femmes planifient souvent une grossesse. Les questions relatives à l’évolution de la maladie pendant la grossesse et à l’issue de la grossesse chez les femmes atteintes de sclérose en plaques sont souvent rencontrées par le personnel médical. Dans le passé, les conseils donnés aux femmes généraient une fausse croyance, sur l’effet négatif de la grossesse sur l’évolution de la SEP. Cependant, depuis la fin du 20ème siècle, l’apparition des études évaluant l’effet de la grossesse sur la SEP et l’effet de la SEP sur la grossesse. En effet, la grossesse aurait un effet protecteur sur la SEP avec une diminution de l’activité de la maladie pendant cette période. Néanmoins, un rebond de poussées dans le post-partum immédiat a été souligné. Cette même période a été caractérisée par l’apparition de nouvelles thérapies dites « traitement modificateur de la maladie » de la SEP. Cela a permis aux femmes et au personnel médical, d’aborder la question de la SEP et grossesse plus sereinement. Nous avons donc voulu analyser les cas de SEP et grossesse suivis aux cliniques universitaires Saint-Luc, depuis cette révolution, afin d’évaluer l’évolution de la maladie en cas de grossesse et l’issue de la grossesse en cas de SEP, et confronter nos résultats à la littérature. Méthodes : Nous avons récolté les données, de manière rétrospective, sur 94 grossesses chez 68 patientes. Les données ont été analysées et comparées sur 3 périodes : avant la grossesse, pendant la grossesse et dans le post-partum. Nous avons comparé les données entre les femmes qui ont eu des poussées en post-partum et celles qui n’en ont pas eu. Et enfin nous avons recherché les facteurs prédicteurs éventuels des rechutes du post-partum. Résultats : le taux de poussées annualisé a diminué pendant la grossesse (0.64 vs 0.16 ; p<0.001) et est remonté dans le post-partum (0.16 vs 0.65, p<0.001). Il n’y avait pas de différence significative entre les poussées pré-conceptionnelles et celles du post-partum, un an après l’accouchement (0.64 vs 0.65, p=0.9). Les femmes qui ont plus de poussées en post-partum avaient expérimenté plus de poussées avant la grossesse et étaient plus jeunes que les femmes qui n’ont pas fait de poussées. Les poussées un an avant la grossesse étaient le seul facteur prédicteur retrouvé. Les données obstétricales étaient malheureusement manquantes pour plusieurs patientes. Conclusion : Les résultats ont confirmé l’effet protecteur de la grossesse sur l’activité inflammatoire de la SEP. L’absence de poussées un an avant la grossesse protégeait contre la rechute du post-partum. Une stabilisation de la maladie avant la conception serait une bonne stratégie pour une période du post-partum stable chez les femmes atteintes de SEP.