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Apports de l'ennéagramme sur le sens donné à sa trajectoire professionnelle et à son entrée en formation. Application aux adultes en reprise d'études à la FOPA.

(2018)

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L’objectif de cette étude est d’analyser si les bases ennéagramme permettent de mieux comprendre comment les adultes en reprise d’études universitaires (ARE) se réapproprient leur trajectoire professionnelle (TP) et leur entrée en formation à la FOPA. Pour approfondir le sujet, nous avons principalement mobilisé trois cadres théoriques : l’ennéagramme (Halin & Prémont, 2008 ; Wagele & Stabb, 2009), le Life designing (Savickas, 2005 ; Savickas et al. 2010) et les motifs d’entrée en formation (Carré, 1998, 2001 ; Vertongen et al., 2009). La base ennéagramme est-elle associée aux motifs d’entrée en formation des ARE ? Est-elle liée à leur trajectoire professionnelle ? Enfin, les bases ennéagramme favorisent-elles une meilleure compréhension de la manière dont les ARE se réapproprient leur TP et leur entrée en formation ? Telles sont nos questions de recherche. Nos hypothèses ont été détaillées par base. Dans une première phase quantitative, nous avons envoyé un questionnaire reprenant le Halin Prémont Enneagram Indicator (Halin, Prémont & Delobbe, 2012) et les motifs d’entrée en formation à tous les étudiants inscrits à la FOPA durant l’année académique 2017-2018. L’analyse des corrélations entre les bases et les motifs d’entrée en formation nous a permis d’observer des liens significatifs faibles positifs ou négatifs entre certaines bases et certains motifs d’entrée en formation. Certaines de nos hypothèses ont pu être confirmées. Pour passer un entretien semi-directif, nous avons sélectionné une personne par base ennéagramme en fonction du score différencié entre sa première et sa seconde base. Dans une seconde phase qualitative, nous avons mené neuf entretiens semi-directifs. Ceux-ci ont été construits autour d’une ligne de vie élaborée par la personne avant l’entretien (Fritz & van Zyl, 2015) et issue directement du Life designing (Savickas, 2005 ; Savickas et al., 2010) et du génogramme (Di Fabio, 2015). Nous avons analysé les données de manière inductive et déductive, et mobilisé des techniques d’analyse du récit de vie (Bertaux, 2016) pour retrouver la structure diachronique et des éléments chronologiques lors de l’analyse. En outre, nous avons triangulé nos données des questionnaires, des entretiens semi-directifs et des lignes de vie. Concernant le lien entre les motifs d’entrée et la base ennéagramme des ARE, nos résultats montrent que nos hypothèses sont vérifiées tant quantitativement que qualitativement et qu’il existe effectivement un lien entre certaines bases et certains motifs. Concernant le lien entre la trajectoire professionnelle des ARE et leur profil de personnalité, nos résultats font apparaître des différences et des ressemblances entre les bases. Chaque base a activé un champ sémantique qui lui est propre. Il semblerait aussi que le fait que les personnes soient stables ou non professionnellement dépende davantage de leur contexte familial (enfants, maladies des enfants, conjoint) et professionnel (type de contrat, réaffectation, etc.) que de leur base, même si cette dernière peut reprendre le dessus à un moment charnière de leur vie. La théorie de l’ennéagramme offre un angle d’approche à la fois original, car peu mobilisé jusqu’ici. Au niveau pratique, nos résultats pourraient intéresser les concepteurs de programme pour les ARE et les conseillers à la formation pour mieux soutenir ces étudiants aux multiples obligations professionnelles et familiales et mieux les amener à s’engager dans leur formation en rapport avec leur modèle identitaire. Cela soutiendrait peut-être davantage leur motivation et donnerait encore plus de sens à la formation entamée, afin d’augmenter leur persévérance et leurs chances de réussite (Vertongen et al., 2009). Comme perspective théorique, il faudrait vérifier si nos conclusions seraient similaires auprès d’un public masculin ou auprès de fopistes sans enfant. Il serait également pertinent de questionner à nouveau le motif dérivatif dans les recherches sur les motifs d’entrée en formation des ARE, car ce motif est présent dans les données quantitatives et qualitatives. Enfin, des hypothèses sur les bases qui favorisent ou non la persistance et la réussite universitaires pourraient être avancées et vérifiées.