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DUPONT_NOMA_2024.pdf
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- Cet exposé se divise en deux parties, la première expose, de manière théorique, les différents concepts permettant d’analyser l’égalité entre les genres en matière de droit d’accès et de participation au pratiques rituelles et festives. Il tente également de comprendre les influences et la marge de manœuvre dont dispose l’UNESCO au regard de sa priorité globale « égalité de genre », instituée en 2007. La deuxième partie se concentre sur la démonstration des rôles de genre évoluant au sein de trois pratiques rituelles et festives wallonnes, reconnues par la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Sur les quarante-deux activités reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles, plus de la moitié excluent les femmes de leurs pratiques. Au Carnaval de Binche et dans les plupart des carnavals avec Gilles de la région, les rôles de genre sont envisagés de manière complémentaires et duals. Ils rejouent en ce sens les stéréotypes découlant des représentations traditionnelles de la masculinité et de la féminité hégémonique occidentale. Ainsi, alors que les femmes sont cantonnées, dans l’ombre du Gille, à l’intérieur et aux tâches ménagères et d’intendance, les hommes, par le rôle de Gilles, sont considérés comme les rois de la fête, au centre de toutes les attentions et évoluant dans la sphère extérieure. À Mons, lors du Combat dit Lumeçon, deux rôles « féminins », dont la symbolique s’avère également duale et stéréotypée, ont été ajoutés. Cette évolution s’est effectuée quelques années avant la reconnaissance de la pratique par l’UNESCO, le Combat évoluant historiquement avec des personnages exclusivement masculins. Actuellement, le règlement du Combat impose encore cette non-mixité masculine pour quatre-six des quarante-huit rôles évoluant dans l’arène. Enfin, à Namur, traditionnellement exclusivement masculine, la première joute des échassiers féminine s’est déroulée en 2022, une année après la reconnaissance de la pratique au sein de la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette recherche a permis de constater qu’au cours des années qui ont précédé la reconnaissance de la pratique, un processus de réflexion a systématiquement été envisagé par la communauté patrimoniale concernant la participation et l’accès de leur pratique en terme de genre. Bien que le pouvoir normatif de l’UNESCO se trouve limité en raison de l’absence d’effet direct voire d’obligations contraignantes, son pouvoir symbolique ne peut être nié. En effet, la reconnaissance d’une pratique au sein de la Liste de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO opère une mise en valeur du patrimoine local et permet des rentrées financières conséquentes se trouve très désirée pour les communautés patrimoniales. La difficulté principale relative à la mise en place de politiques culturelles onusiennes en faveur de l’égalité entre les genre réside dans la tension entre l’universalisme des droits culturels et le relativisme institué par les particularismes locaux et le respect de la diversité culturelle. L’UNESCO ne peut en ce sens se substituer aux communautés locales pour édicter la manière de mettre en œuvre un droit d’accès et de participation plus égalitaire en termes de genre et doit en ce sens envisager ses politiques au travers d’une approche glocalisée.