Intérêt du dosage des immunoglobulines A dans les expectorations induites des patients asthmatiques
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François_Alexia_33431300_2018-2019.pdf
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- Contexte. L’asthme est la pathologie respiratoire chronique la plus fréquente au monde et un problème majeur de santé publique. La majorité des patients répondent aux thérapies classiques mais environ 5% des patients souffrent d’un asthme sévère ne répondant pas à ces thérapies. Pour ces derniers, de nouvelles thérapies ciblées, sont apparues sur le marché. Parmi celles-ci, les anti-IL13 et anti-IL4Rα sont de nouvelles molécules, mais nous n’avons à l’heure actuelle pas de biomarqueur pouvant prédire une potentielle réponse à ces traitements. L’inflammation de Type 2 présente dans l’asthme allergique induit une libération d’IL-13 et IL-4 entrainant une diminution de l’expression du polymeric immunoglobulin receptor (pIgR) servant notamment au transport des immunoglobulines A (IgA). Il a donc été suggéré que les IgA pourraient être diminuées dans les sécrétions des patients asthmatiques. Le dosage des IgA pourrait alors servir de biomarqueur à ces nouvelles thérapies. Méthode. Nous avons étudié les expectorations de 52 patients asthmatiques et de 44 patients contrôles. Afin de récupérer les échantillons de sputum, nous avons réalisé une expectoration induite à l’aide de solution salines hypertoniques stimulant la production de sécrétions bronchiques. Ces échantillons ont ensuite été analysés au laboratoire. Nous avons procédé aux comptages cellulaires et conservé le surnageant à -80°C. Tous les échantillons de surnageant ont ensuite été analysés en une fois selon la méthode ELISA afin de déterminer la concentration en IgA totales, IgA-1, IgA-2, s-IgA totales, s-IgA2, pièce sécrétoire (SC) et protéines totales. Résultats. Les concentrations des IgA ont tendance à être plus élevées chez les patients asthmatiques par rapport aux patients contrôles. Cela est surtout marqué pour les IgA totales (p-valeur = 0,0032), les IgA-1 (p-valeur < 0,0001) ainsi que la pièce sécrétoire (p-valeur = 0,0002). Nous observons cependant également une augmentation significative de la concentration de protéines totales chez les patients asthmatiques (p-valeur = 0,0001). Par conséquent, lorsque nous corrigeons les dosages d’IgA par rapport aux protéines totales, à part les IgA-1 qui restent statistiquement plus élevées chez les patients asthmatiques (p-valeur < 0,0001), les autres concentrations deviennent non statistiquement significatives. Conclusion. Nous observons que les IgA sont augmentées dans les sécrétions des patients asthmatiques et cela accompagné d’une augmentation des protéines totales. De plus, aucune corrélation avec les marqueurs de l’inflammation de type 2 ne peut être retenue. Des recherches futures seront nécessaires pour définir le mécanisme aboutissant à l’augmentation des IgA dans les sécrétions des patients asthmatiques. De plus, un autre biomarqueur devra être trouvé pour les nouvelles thérapies anti-IL4Rα et anti-IL13.