Le projet thérapeutique en unité de soins intensifs : état des lieux des connaissances et des pratiques des soignants en Belgique francophone
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- Introduction : Les limitations et les arrêts de certains traitements en unité de soins intensifs (USI) font partie des pratiques courantes de soins des patients en Belgique. Celles-ci s’appuient sur un questionnement complexe, notamment lors de la prise de décision, et devraient reposer sur un projet thérapeutique selon les recommandations francophones. Méthode : Pour connaître la formation, les connaissances et les pratiques des soignants, infirmières et médecins, travaillant en USI en Belgique francophone, une étude prospective par questionnaire a été réalisée. Ce questionnaire a été distribué à 19 hôpitaux de Belgique francophone. 12 hôpitaux ont répondu avec un total de 130 réponses valides. Une analyse quantitative des résultats par un test χ2 de Pearson a permis de comparer les réponses entre les médecins et les infirmières, entre les hôpitaux universitaires ou non et entre les USI disposant d’un protocole de projet thérapeutique ou non. Résultats : La formation des infirmières a majoritairement lieu lors des études et est plutôt basée sur les soins palliatifs, quant aux médecins, leur formation se fait majoritairement au cours de leur parcours professionnel et s’oriente plutôt sur la fin de vie et les limitations et les arrêts de soins. La formation pendant les études semble être plus importante chez les soignants ayant une expérience professionnelle inférieure à 5 ans. La majorité des soignants (79,2 à 93,1% selon le type de formation) souhaiterait avoir plus de formations. Les infirmières et le médecin traitant restent peu impliqués dans la prise de décision (63,1% et 38,5) et les projets thérapeutiques sont majoritairement discutés lors de la dégradation de l’état du patient (63,8%). La réévaluation et la traçabilité des décisions sont encore peu systématiques (56,2%, 55,4%). Cette étude montre une différence significative de réponses entre médecins et infirmières mais ne montre pas de différences de réponses entre les soignants travaillant avec un protocole et les autres. Analyse : Cette étude montre que le projet thérapeutique en unité de soins intensifs doit encore se développer, avec une meilleure implication et collaboration des différents intervenants, et une approche plus précoce et encadrée. Discussion : Sur base de notre travail, plusieurs recommandations peuvent être soumises : développer un protocole de décision multidisciplinaire sur le projet thérapeutique dans chaque USI, favoriser la réflexion pluridisciplinaire concernant les décisions de limitation et d’arrêt thérapeutique ou encore interroger le patient et ses proches dès l’admission sur les niveaux de soins à mettre en œuvre. Enfin, le développement du projet thérapeutique devrait trouver sa place au-delà des USI avec une réflexion personnalisée sur les soins à mettre en œuvre en extrahospitalier ou dans les autres services d’hospitalisation afin de limiter les soins futiles, de respecter les choix et la dignité des patients et d’améliorer le vécu des familles, des proches et des soignants.