Etude de la méthylation de l'arsenic inorganique par des tranches de foie, de rein et de poumon de rats
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- L’arsenic est un métalloïde auquel l’homme peut être exposé suite au dégagement de certains dérivés arsenicaux au cours d’activités industrielles (telles que la métallurgie des métaux non ferreux, l’industrie des pesticides arsenicaux…) et à sa présence dans l’environnement général. Il est libéré dans l’atmosphère principalement suite à la combustion du charbon et du mazout (centrales thermiques, foyers domestiques). On le retrouve également dans la fumée de cigarettes, dans l’eau de boisson (où sa concentration peut atteindre plusieurs mg/litre dans certaines régions du globe) et dans diverses denrées alimentaires. Il est bien établi que les dérivés arsenicaux inorganiques trivalents constituent les formes les plus toxiques. Le tableau clinique de l’intoxication aiguë (ingestion accidentelle ou volontaire) par l’arsenic inorganique (Asi) consiste en une irritation sévère du tube digestif suivie de lésions dans de nombreux organes principalement le foie, le rein, le myocarde et le système nerveux. L’intoxication chronique qui peut être d’origine professionnelle, domestique (eau contaminée), voire iatrogène (par exemple solution arsenicale utilisée antérieurement pour le traitement d’affections cutanées) consiste essentiellement en lésions de la peau et des muqueuses, troubles nerveux, atteintes hépatiques et cardiaques et une action cancérigène (cancer du poumon, angiosarcome du foie, leucémie, cancer cutané) L’organisme humaine est capable d’inactiver en partie l’Asi en le méthylant avec une formation d’acide méthylarsoniques (MMA) et surtout d’acide diméthylarsinique ou cacodylique (DMA) qui sont excrétés par voie urinaire. Cette méthylation s’effectue dans le cytosol des cellules et à ce jour, son mécanisme a été étudié « in vitro » à l’aide de la fraction cytosolique de foie de rats. Ces études et celles réalisées « in vivo » chez l’homme ont abouti à proposer le schéma de méthylation résumé par la figure A. La méthylation de l’Asi comprendrait deux étapes consécutives requérant du glutathion réduit (GSH) et du S-adénosul-L-méthionine (SAMe) comme donneur de méthyle La production de DMA peut-être inhibée par l’Asi en excès et le MMA en quantité est un inhibiteur de la méthylation de l’Asi (inhibition feedback). Au cours du présent travail, nous avons tenté de préciser davantage le mécanisme de méthylation de l’Asi en utilisant des tranches d’organes de rats. Ce modèle « in vitro » permet de tester un grand nombre de conditions d’incubation différentes par rat et pour un organe donné. Il offre l’avantage de préserver les structures cellulaires et les systèmes enzymatiques membranaires. On peut pense qu’il se rapproche plus de la situation réelle « in vivo » que le modèle utilisant la fraction cytosolique hépatique