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Évaluation de la vulnérabilité des systèmes agraires soumis aux retombées de cendres volcaniques

(2022)

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Près d’un milliard d’individus vivent à moins de 100 km d’un volcan qui a été actif durant l’Holocène. Cette population tire largement profit du haut potentiel agronomique des sols développés sur des dépôts de téphra, un matériau volcanique non consolidé mis en place par les éruptions explosives. Si l’agriculture prospère aux pieds des volcans, elle est aussi menacée par leur réveil. L’agriculture est de fait le secteur économique le plus impacté par les retombées de téphra associées aux éruptions volcaniques. L’évaluation de la vulnérabilité des systèmes agraires soumis à l’aléa volcanique est une problématique centrale dans l’analyse des risques et plus généralement dans l’édification de stratégies efficientes pour réduire l’ampleur du risque de catastrophe. Cependant, un nombre très limité d’études examinent les risques encourus par l’agriculture sujette aux dépôts de téphra. Les informations disponibles s’attachent essentiellement aux impacts sur les cultures et ne considèrent jamais la vulnérabilité du système agraire dont la structure et le fonctionnement sont souvent régis par la présence de sous-systèmes de cultures et d’élevage en interaction. L’objectif général de notre étude est d’évaluer de manière semi-quantitative la vulnérabilité des exploitations agricoles face aux chutes de téphra. Plus spécifiquement, nous visons à : (i) décrire la structure et le fonctionnement d’exploitations agricoles dans une région potentiellement soumise aux retombées de téphra ; (ii) estimer semi-quantitativement la vulnérabilité des exploitations en considérant des scénarios différents d’exposition au téphra ; et (iii) utiliser les résultats de (i) et (ii) pour comparer la vulnérabilité des exploitations agricoles et les facteurs principaux qui la contrôle. La région choisie pour mener notre travail est située à proximité du volcan Taal aux Philippines. Les résultats de nos recherches révèlent que la vulnérabilité des systèmes agraires face aux retombées de téphra n’est pas due inéluctablement aux éléments les plus vulnérables de leurs sous-systèmes (élevage et cultures) lorsque ceux-ci sont évalués isolément. Il en ressort également que les sous-systèmes de cultures jouent un rôle crucial pour permettre aux exploitations impactées par des chutes de téphra de redémarrer. En outre, nous suggérons que les systèmes agraires présentant de nombreuses interactions entre leurs sous-systèmes pourraient être plus vulnérables aux effets négatifs des chutes de téphra. Ce constat contraste avec les conclusions tirées par ailleurs sur la vulnérabilité des systèmes agraires vis-à-vis des changements climatiques. Pour les régions volcaniques actives, il semble donc important de considérer conjointement les aléas associés aux chutes de téphra et ceux liés aux dérèglements du climat. Les nouvelles informations générées dans notre travail ouvrent de nouvelles perspectives pour développer des méthodes capables de fournir une estimation quantitative de la vulnérabilité des exploitations agricoles sujettes aux retombées de téphra, et par là contribuer à mettre en œuvre des stratégies qui permettront de diminuer le risque d’émergence d’une catastrophe lors d’une éruption volcanique.