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L'hypothèse cognitive sous-tendant la récupération différentielle de l'aphasie bilingue : étude de cas

(2015)

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Abstract
Notre étude a pour objectif de contribuer à la recherche dans le domaine de la récupération de l'aphasie chez les patients bilingues en apportant de nouveaux éléments empiriques à l'appui de l'hypothèse d'une atteinte exécutive responsable de la récupération différentielle de l'aphasie chez des patients bilingues (Pitres, 1895). En effet, nous démontrerons que l'altération sélective d'une langue associée à la préservation sélective de l'autre langue est la conséquence d'un déficit du contrôle exécutif, et non la détérioration de zones cérébrales spécifiquement dévouées à traiter une seule langue. Plus spécifiquement, nous avons administré trois tâches expérimentales à K.A., une patiente aphasique bilingue français-néerlandais, ainsi qu'à cinq femmes appariées en âge, niveau socio-éducatif et profil linguistique. Parmi celles-ci, nous avons évalué les fonctions exécutives sur base de la tâche Flanker (Eriksen & Eriksen, 1974), le contrôle langagier et par extension l'interaction entre les langues avec les tâches de décision lexicale générale, spécifique en L1 et spécifique en L2 (Dijkstra, Van Jaarsveld, & Ten Brinke, 1998), ainsi que la capacité de résistance à l'interférence au niveau lexical avec la tâche n-back (Collette & Van der Linden, 2002). Si l'absence de résultats probants à la tâche Flanker et aux épreuves de décision lexicale écrite n'est pas en faveur de notre hypothèse, les résultats obtenus par K.A. à la tâche n-back démontrent une altération de la gestion de l'interférence proactive, ciblée sur les items présentés en français. Ainsi, malgré les limites méthodologiques de notre étude, en particulier la taille insuffisante de notre échantillon contrôle, notre étude corrobore l'hypothèse cognitive sous-tendant la récupération différentielle chez une patiente aphasique bilingue présentant une récupération supérieure en L2 (néerlandais) par rapport à L1 (français).

Citations

Jones, V. (2015). L’hypothèse cognitive sous-tendant la récupération différentielle de l’aphasie bilingue : étude de cas. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/19553