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Aux confins des perceptions de la Fédération de Russie : l'influence du facteur OTAN dans la politique étrangère et de sécurité russe

(2017)

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La fin de la Guerre Froide a marqué le début d’une ère de coopération entre les anciens pays-membres du Pacte de Varsovie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. La Russie et l’OTAN se sont donc employés durant plus de 20 ans à approfondir leur coopération et à élargir le champ de celle-ci afin de promouvoir la stabilité de la sécurité européenne et de garantir leurs propres intérêts sécuritaires. Pourtant, bien qu’elles ne se définissent plus comme des ennemis, leur relation est empreinte d’ambivalence en raison du degré de confiance mutuelle qui ne cesse de fluctuer au gré des actions de l’un et l’autre. Ainsi, dans la première décennie de cette nouvelle ère tournée vers la collaboration, l’OTAN mena, en 1999, des actions unilatérales qui briseront la confiance de la Russie dans leurs relations en raison de ses perceptions négatives des actes otaniens. Notre recherche s’est formalisée dans le cadre de ce facteur inhérent aux changements que semblent être les perceptions. Au vu de l’importance qu’ont les acteurs l’un pour l’autre dans leur sécurité respective, la question suivante s’est posée : comment les perceptions russes de l’OTAN influencent-elles la politique étrangère et de sécurité de la Fédération de Russie ? Notre recherche s’inscrit donc dans la théorie constructiviste des Relations Internationales reconnaissant aux perceptions des acteurs une importance essentielle dans la compréhension des faits sociaux. Notre hypothèse soutient, ainsi, que la Russie mène une politique étrangère et de sécurité adaptée à la façon dont elle perçoit l’OTAN. Dans un premier temps, après avoir exposé l’ancrage théorique, l’historique des relations OTAN-Russie a été retracé en mettant en perspective les perceptions des acteurs. L’analyse lexicométrique du discours russe a, ensuite, suivi selon trois périodes comprenant chacune un point de friction entre les deux acteurs, après la création de Conseil OTAN-Russie, à savoir : l’élargissement otanien de 2004, la guerre de Géorgie en 2008 et le conflit ukrainien. Notre analyse lexicométrique a mis en évidence les corrélations et les forces de cooccurrence entre l’OTAN, la sécurité et la coopération renvoyant à des thèmes plus précis telle que le renforcement des capacité militaires de l’OTAN, la non ratification de Traité FCE adapté, les coopérations au sein du COR (mission en Afghanistan, lutte contre le terrorisme, etc.). La lexicométrie nous a donc permis d’identifier clairement les sujets de rapprochement ou au contraire de cristallisation des relations OTAN-Russie. De même, le lien de causalité existant entre les perceptions russes de l’OTAN et l’adaptation de sa politique étrangère et de sécurité a été démontré, confirmant notre hypothèse. 

Citations

Corsini, G. (2017). Aux confins des perceptions de la Fédération de Russie : l’influence du facteur OTAN dans la politique étrangère et de sécurité russe. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/14895