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Adolescence, genre et espace public. La participation citoyenne des jeunes face aux inégalités de genre dans l’espace public

(2018)

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L'égalité de genre inclut la possibilité de se déplacer librement dans les lieux publics. Or, ce principe est remis en cause pour les femmes et les jeunes filles lorsque des attitudes et des propos sexistes affectent leur droit à la sécurité et limitent leur occupation de l’espace. En portant plus particulièrement notre attention sur la période de l’adolescence, période de construction identitaire et d'affirmation de soi, il apparaît que l'espace public, lieu de socialisation et d'expérimentation, s'apparente souvent pour les filles à un espace de violence symbolique et psychique. Les déplacements et l'appropriation de l’espace public différenciés entre filles et garçons à l’adolescence peut imprégner de manière durable leurs trajectoires futures, avec des conséquences négatives pour les filles en termes d’autonomie et d’exercice de leur citoyenneté. En arguant de leur « nature passive », on induit chez les filles une représentation mentale d’elles-mêmes marquée par une impossibilité « innée » de faire face aux éventuelles agressions extérieures. Les violences sexistes, de même que les conseils et les recommandations, joueraient un rôle dans le maintien de ces rapports de genre inégalitaires. Des approches, comme celles de l'auto-défense féministe et de la participation citoyenne peuvent déconstruire ces réserves féminines qui limitent les possibilités d’actions et de défense. Cela en suscitant une réflexion en profondeur sur les rôles sociaux de genre et en permettant ainsi aux femmes et aux filles de s'émanciper et de renforcer leur estime de soi. De plus, l'inscription dans une mobilisation collective, de même que la participation plus large au débat public, permettent de reconsidérer véritablement les femmes et les filles comme actrices et coproductrices de la société.