ATTENTION/WARNING - NE PAS DÉPOSER ICI/DO NOT SUBMIT HERE

Ceci est la version de TEST de DIAL.mem. Veuillez ne pas soumettre votre mémoire sur ce site mais bien à l'URL suivante: 'https://thesis.dial.uclouvain.be'.
This is the TEST version of DIAL.mem. Please use the following URL to submit your master thesis: 'https://thesis.dial.uclouvain.be'.
 

Les premières traces de symbolisme chez les homininés du Paléolithique inférieur et moyen

(2018)

Files

VanasscheClémentine_10861300_2018.pdf
  • UCLouvain restricted access
  • Adobe PDF
  • 9.74 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Tout comme l’hippocampe et la chauve-souris aux aptitudes étranges, l’Homme possède une place particulière au sein du règne animal. Bien que proche du singe, avec qui il partage de nombreuses caractéristiques biologiques, quels traits comportementaux lui permettent ainsi cette unicité ? D’un point de vue anatomique, il a souvent été argumenté que la bipédie et le bénéfice d’un volume cérébral élevé constituaient les postulats à l’intégration d’une espèce dans la lignée humaine. Cependant, à la lumière des découvertes récentes, il a été annoncé que les premiers homininés possédaient un mode locomoteur double, couplant un déplacement terrestre et arboricole. La présomption d’une importante capacité crânienne a également été sapée par la découverte récente d’un homininé minuscule au cerveau guère plus gros que celui d’un chimpanzé. Dans ce cas, que nous reste-t-il ? Alors que l’utilisation d’outils était encore il y a peu une facette proprement humaine, des avancées dans le domaine des sciences ont permis de déterminer une telle capacité chez les corneilles ou les singes. Les espérances de prouver notre singularité ont pu être relancées grâce à de récentes recherches dans le domaine de la cognition humaine. Ainsi donc, trois traits foncièrement humains, témoignant du détachement de l’Homme par rapport à la Nature, ont pu être relevés : la « working-memory », permettant l’anticipation et le traitement de plusieurs données conjointement ; la théorie de l’esprit, octroyant une place particulière à l’homme et à ses semblables au sein du monde ; et la pensée abstraite, fond nécessaire à l’élaboration de comportements symboliques. Ces compétences sont explicitées tant dans des activités utilitaires, telles que la capacité d’employer des techniques lithiques complexes – comme l’industrie acheuléenne ou levallois –, que symboliques, avec l’apparition du langage, d’objets non-utilitaires et des sépultures. Le langage, système symbolique par excellence, se trouve à la croisée de ces trois capacités, et semble avoir été développé dès Homo habilis, sous la forme d’un proto-langage, pour finalement culminer chez Homo sapiens et – certainement – Homo neanderthalensis avec le développement du discours. Leur langage parlé, de par son caractère intangible – tout comme les danses et des chants –, n’a pas laissé de preuves directes de son apparition et de son évolution. Reste alors une autre forme de langage, tout à fait perceptible dans le registre archéologique : la culture matérielle des hommes du passé, dont les déploiements symboliques n’ont eu de cesse d’opposer les chercheurs au fil de ces dernières décennies. Tandis que moults préhistoriens tentaient jadis d’attribuer l’apparition d’un tel comportement symbolique à la jonction entre le Paléolithique moyen et supérieur, correspondant à l’arrivée d’Homo sapiens en Europe, de nouveaux vestiges témoignent indubitablement d’un comportement complexe pour des périodes antérieures et en d’autres régions du monde, et dans certains cas, d’une pratique courante et répandue. Il semblerait alors que l’homme moderne européen ne soit pas à l’origine des premières manifestations artistiques, des artefacts symboliques ayant été retrouvés il y a 100 000 ans sur le continent africain, sous la forme d’ocre, de perles, de supports divers idéaux pour la réalisation de motifs géométriques, ou encore il y a 40 000 ans sur le continent asiatique avec l’apparition des premières peintures figurées. Bien qu’ayant joui de la mauvaise réputation classique des hommes préhistoriques, représenté courbé et poussant des grognements, il semblerait que Néandertal, ait également bénéficié de velléités artistiques, dépeintes toutefois à l’aide d’autres media, comme en témoignent la présence de serres de rapaces dans les sites moustériens. Enfin, il serait envisageable de penser que même Homo erectus possédait les capacités comportementales nécessaires à l’élaboration d’un comportement symbolique, une telle hypothèse ne reposant toutefois que sur un unique artefact retrouvé sur l’île de Java. Le caractère symbolique des artefacts prend son envol lorsque ceux-ci sont retrouvés parmi des rites funéraires. Cette pratique, comptant en son sein l’élaboration de sépultures, l’anthropophagie ou le culte des crânes, constitue la preuve ultime de l’extirpation de l’Homme vis-à-vis de la Nature : il est en effet parvenu à élaborer un véritable univers intérieur, celui de l’Esprit, et ce, bien avant qu’Homo ne devienne sapiens.