L'intérêt public, l'intérêt général et l'autorégulation de la presse : analyse comparative entre la Belgique francophone et le Québec
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- L’intérêt public est une notion fondamentale en journalisme. C’est en se penchant davantage sur la notion que l’on se rend vite compte qu’un flou l’entoure, tant dans le travail des journalistes au quotidien que dans le travail déontologique des conseils de presse. Ce flou peut poser problème puisqu’il permet différentes interprétations du concept, causant ainsi de l’incohérence au sein de la profession ; il pourrait hypothétiquement servir de justification à diverses lignes éditoriales plus ou moins permissives. C’est pourquoi il nous apparait nécessaire d’évaluer ce flou de façon scientifique auprès de journalistes, de juristes oeuvrant en droit des médias, de membres des conseils de presse et de chercheurs universitaires, mais aussi dans les décisions émises par les tribunaux d’honneur des conseils de presse du Québec et de la Belgique francophone. Ces derniers sont, en effet, les acteurs qui ont à utiliser et à se prononcer sur le concept. Notre question de recherche est donc : quelle est l’interprétation des concepts d’intérêt public et d’intérêt général dans la jurisprudence du Conseil de presse du Québec (CPQ) et du Conseil de déontologie journalistique (CDJ) de Belgique francophone ainsi que par les acteurs des sphères journalistiques québécoise et belge francophone? Ce mémoire a pour objectif d’éclairer les chercheurs et les professionnels de l’information sur l’interprétation et l’utilisation du concept d’intérêt public journalistique, pour leur permettre d’alimenter la discussion sur le sujet. À cette fin, nous avons opté pour une approche méthodologique mixte. D’une part, c’est à la suite d’une analyse de l’ensemble des décisions des conseils de presse à l’étude pour en extraire seulement les décisions qui invoquaient le concept d’intérêt public que nous avons produit une analyse de contenu d’un corpus comprenant 334 décisions à l’aide d’une grille de codage bâtie inductivement. D’autre part, nous avons conduit une douzaine d’entrevues semi-dirigées auprès d’acteurs de la sphère journalistique québécois et belges francophones, soit des journalistes, des juristes oeuvrant en droit des médias, des membres des conseils de presse et des chercheurs universitaires. Nos résultats démontrent l’existence de ce flou conceptuel, alors que les pistes d’interprétation de la notion étudiée sont multiples et éparses. Cela dit, il se dégage de nos résultats quelques caractéristiques fondamentales de l’interprétation de la notion d’intérêt public journalistique au Québec et en Belgique francophone. L’intérêt public est la base du journalisme. Il s’agit d’une notion interprétative, contextuelle et évolutive qui prescrit tout ce que le citoyen doit savoir pour vivre en société. Il s’agit d’un standard d’appréciation permettant l’évaluation du travail journalistique selon la qualité de l’information, ainsi qu’en confrontation avec les droits de la personne et la responsabilité sociale des journalistes. Nous pensons que cette recherche servira de tremplin à de futures recherches sur l’intérêt public journalistique, puisqu’elle dresse un portrait sommaire de l’interprétation de cette notion et invite donc à s’y intéresser de façon approfondie.