Comment la marche peut-elle contribuer à la formation d'adultes ? La marche mobilise-t-elle la pensée flottante et, par là-même, le processus de subjectivation de la marcheuse ?
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- Interpellées par la culture occidentale qui fuit, bafoue le Vide et sa pensée flottante, nous avons cherché à comprendre l’intérêt de ceux-ci par cette question de recherche : comment la marche peut-elle contribuer à la formation d’adultes ? La marche mobilise-t-elle la pensée flottante et, par là-même, le processus de subjectivation de la marcheuse ? Au travers de la pensée chinoise ancienne, de découvertes récentes en neurophysiologie et en nous appuyant sur le moment trois, le Vide médian, du processus de subjectivation lors de l’apprentissage, une théorie élaborée par Etienne Bourgeois "Le désir d’apprendre" (2018), nous avons appréhendé cette question. Aussi, nous avons analysé des entretiens compréhensifs de deux femmes qui éprouvent régulièrement le besoin de s’écarter de leurs activités quotidiennes pour aller marcher dans un paysage. Ceci a permis de retrouver, tel que le décrit E. Bourgeois (Ibid.), un cheminement de subjectivation lors de ce Vide par le geste de la marche dans un paysage. En effet, tel un besoin, ce geste fait suite à des moments d’interactions, des moments de pensées focalisées et il suscite un moment de pensées flottantes. Il permet la résonnance de l’Autre avec soi dans un paysage mouvant, foisonnant de vie. Lors de la triangulation de nos résultats avec la théorie, nous avons pu observer que le corps ou, selon la pensée de Tchouang-Tseu, tous les états de l’être vital (Jullien), dans sa disponibilité lors du geste de la marche joue un rôle essentiel dans l’élaboration de la pensée. En effet, les flux sensoriels perçus de mondes conscients et non-conscients sont triés et filés avec les images et les sentiments passés et présents de manière non-consciente pour tisser de nouvelles trames de pensées. Ces pensées sont propres à la perception du sujet stimulée par la régularité, l’imprévu et le mouvement du sujet dans un paysage (Berthoz, 1997). Comme le disent ces théories, ces moments de vide sont nécessaires pour ré-émerger Soi Autre, pour retrouver un nouveau souffle né de cette tension entre l’Autre et Soi. Ils sont essentiels pour renouveler la pensée, pour stimuler le processus de subjectivation du sujet afin qu’il puisse devenir un citoyen élaborant sa propre pensée. La subjectivité des deux personnes entretenues et de la chercheuse sont inhérentes à ce travail.