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Réception de la réforme des cours philosophiques. Perceptions, vécus des enseignants et effets identitaires

(2017)

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Ce mémoire s’intéresse à l’implémentation de la réforme des cours philosophiques, telle qu’elle est vécue par les enseignants dans l’enseignement fondamental officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’entrée en vigueur de « l’éducation à la philosophie et à la citoyenneté » dans le curriculum des élèves en octobre 2016 a modifié la forme des cours philosophiques. Une période de cours (sur les deux qui étaient prestées jusque-là) a été supprimée pour laisser place à ce nouveau cours. Dans ce contexte de changements, les enseignants de cours philosophiques qui ont fait le choix du nouveau cours ont pu investir la fonction de maitre d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté, moyennant le respect des conditions d’accès fixées par le décret. Notre recherche exploratoire s’est basée sur une méthode qualitative. Dix entretiens de type semi-directifs ont été menés avec des enseignants répartis en deux groupes : ceux qui ont conservé leur cours philosophique et ceux qui ont fait le choix du nouveau cours d’EPC. Notre objectif était de comprendre la réception de la réforme par ces enseignants durant cette première année transitoire d’application des nouvelles mesures. Nous avons été guidés par un objectif principal de rechercher : identifier les éventuels effets identitaires chez les enseignants concernés. Le premier chapitre de ce travail décrit les éléments contextuels qui ont trait à l’histoire, à l’institutionnalisation et à l’organisation des cours philosophiques dans l’enseignement officiel en Fédération Wallonie Bruxelles. Nous y abordons les éléments et les évènements à l’origine de la réforme et faisons le point sur la situation des enseignants concernés par la réforme et sur les mesures dont ils font l’objet. Dans notre cadre conceptuel, nous développons les apports de différents auteurs : l’approche de Dubar sur la construction des identités sociales et professionnelles, l’identité professionnelle enseignante (Cattonar, 2001). Nous exposons également différents cadres permettant de comprendre les modes d’adaptation des enseignants en contexte de réforme ou de changement institutionnel : les stratégies et dynamiques identitaires (Kaddouri, 2000 ; 2005), les réponses possibles des enseignants (Coburn, 2004 ; Kelchtermans & Ballet, 2002) ; la légitimité d’une réforme pour les enseignants (Draelants, 2009) et enfin l’approche par le « sensemaking » (Spillane & al., 2002 cité par Lessard & al., 2008). L’étude montre que les réponses des enseignants à la réforme sont très variables, et qu’elles vont de l’adhésion au rejet. Les enseignants ont des perceptions très différentes de ces changements. Nos résultats mettent en évidence que les enseignants accordent une certaine légitimité cognitive à la réforme, mais aucune légitimité pragmatique. Cela relève le manque de construction de sens de la réforme par les dirigeants politiques, pourtant nécessaire pour permettre l’adhésion au changement. Les enseignants remettent par ailleurs en question les modalités d’application de la réforme et s’insurgent du manque de concertation et de communication de ces dirigeants avec eux, les principaux acteurs de terrain. Nous mettons en exergue de nombreux effets négatifs liés principalement aux conditions de travail rendues plus difficiles par la réforme qui impactent la santé des enseignants et affectent leur bien-être. Nous montrons également des effets sur les pratiques enseignantes. Enfin, notre recherche permet de confirmer notre hypothèse. La réforme amène un sentiment d’inutilité au travail, un désinvestissement, un sentiment de non-reconnaissance, celui d’être méprisés... Les enseignants remettent en question le sens de leur métier. Ils sont affectés par la remise en cause de leurs compétences, de leur travail, de leur fonction, de leur investissement au sein des CP... Ces effets mettent en évidence un sentiment de déprofessionnalisation chez ce groupe d’enseignants qui se manifestent par une perte de repères, de l’insécurité pour leur avenir professionnel, une crise de sens… Notre étude entrouvre d’autres perspectives de recherches possibles : investiguer l’implémentation de la réforme en secondaire ou s’intéresser de plus près à l’impact de la réforme sur les pratiques enseignantes sont des possibilités parmi d’autres.