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Intégration des jeunes Maghrébins à la société québécoise: pistes de réflexions

(2020)

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Les mouvements migratoires se sont transformés ces dernières années et tout indique qu’ils continueront de faire partie intégrante des débats publics en Occident au cours des prochaines années. Le Québec mise sur des candidatures d’immigrants francophones au profil sociodémographique compatible à l’épanouissement et au développement économique. Les institutions publiques priorisent et sélectionnent des candidats compétents, instruits, actifs professionnellement et maîtrisant souvent plusieurs langues. Cependant, en dépit des qualités et qualifications objectives de cette immigration, la transformation de celle-ci ces dernières années a aussi vu naître la construction sociale d’un discours qui définit la coexistence avec les immigrants, et principalement avec certaines minorités visibles spécifiques, comme impossible avec les sociétés d’accueil. Cela voit naître ce que certains chercheurs appellent le néo-racisme, qui ne se fond plus sur les caractéristiques raciales, mais sur les identités culturelles et religieuses d’autrui pour justifier ce qui est compatible ou non avec le pays d’accueil. L’Arabe et le musulman sont devenus, ces dernières années, le fer de lance de cette idée d’altérité et d’incompatibilité interculturelle. Cela ne serait pas sans conséquence puisqu’ils font face à des problèmes potentiels de discrimination et de stigmatisation sous plusieurs formes. Cela mène notamment à un accès à l’emploi beaucoup plus difficile que la moyenne, malgré des compétences très avantageuses par rapport au reste des Québécois. Ces discours sur l’altérité et l’incompatibilité peuvent nuire à la construction identitaire, tant pour les immigrants que pour les autres Québécois, qui risque de se fonder sur l’appartenance religieuse pour définir l’individu et sa capacité ou non de s’intégrer à notre société. Un amalgame qui nie la diversité et les caractéristiques spécifiques des Arabes et des musulmans qui ne constituent pas un bloc monolithique figé et qui proviennent de pays aux histoires et aux cultures variées. C’est pourquoi nous nous intéressons à la perception des jeunes Québécois et Québécoises d’origine maghrébine quant à la construction de ce discours qui les catégorise potentiellement comme figure d’altérité et d’incompatibilité à cette société qui les accueille. Nous sommes allés à leur rencontre pour les interroger sur leur perception de leur intégration, les défis auxquels ils font face et la forme que ceux-ci prennent Enfin, nous avons engagé avec eux un processus réflexif qui vise à envisager des pistes d’amélioration des relations interculturelles et d’intégration pour ce groupe spécifique. Nos résultats confirment qu’il y aurait encore de la discrimination à l’égard des Arabes et des musulmans au Québec, particulièrement dans le milieu du travail. Les répondants identifient les enjeux de représentation comme la principale source du problème. La manière de représenter les Arabes et les musulmans auraient changé depuis les attentats du 11 septembre 2001 et serait renforcée en parallèle à des événements sociopolitiques les impliquant. Cette représentation négative se retrouverait autant dans les discours médiatiques que sociopolitiques ainsi que dans des produits culturels à plus large échelle. En dépit d’une situation jugée encore très problématique, les participants font état d’une situation tend à l’amélioration depuis quelques années seulement. Tout en jugeant la situation imparfaite, les répondants font aussi un bilan comparatif relativement plus positif de leur expérience au Québec en opposition à ce qui peut se vivre ailleurs. Ces enjeux de discrimination et de représentation participent à la construction identitaire des participants, qui évoquent des mécanismes d’adaptation autant dans leurs relations interculturelles qu’avec les membres de leur propre culture. Enfin, les participants partagent des pistes de réflexions pour diminuer la discrimination à l’égard des Arabes et des musulmans, appelant à une représentation médiatique et sociopolitique de ces groupes dans des contextes non « problématisés » ou sous des angles autres que l’affiliation religieuse ou identitaire.