L’organisation du travail collaboratif comme levier de déprivatisation des pratiques enseignantes : Études de cas multiples au premier degré de l’enseignement secondaire
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- Depuis septembre 2019, les enseignants de l’enseignement secondaire de la fédération Wallonie-Bruxelles sont tenus de réaliser soixante heures annuelles de travail collaboratif. Dans un système scolaire caractérisé par une structuration cellulaire tendant à maintenir les pratiques enseignantes à l’intérieur des classes, la mise en œuvre du travail collaboratif incombe aux directions d’établissement, faisant de ce fait la place à un large panel de modalités organisationnelles distinctes. À travers quatre études de cas menées au premier degré de l’enseignement secondaire, comprenant des données recueillies auprès des directions d’établissement et d’enseignants ainsi que d’observations de séances de travail collectif, nous avons entendu investiguer quatre types d’organisation du travail collaboratif différents en menant une recherche qualitative dans le but de déceler si ces modalités organisationnelles (objets, lieu, fréquence, protocole et leadership) favorisent, d’une part, la déprivatisation des pratiques enseignantes et, d’autre part, la valeur perçue de ces moments de collaboration par les enseignants. Nous nous sommes basés sur la typologie de Little (1990) et sur le cadre théorique de Wenger et al. (2011) pour mener cette recherche. Sans pour autant permettre d’établir une causalité entre les variables d’intérêt, les principaux résultats recueillis au sein de notre échantillon raisonné nous ont permis d’identifier certains leviers et montrent notamment que le recours à un protocole fixé et la centration autour d’objets prédéfinis permettent une meilleure régulation des échanges, facilitant de ce fait la déprivatisation des pratiques et favorisant la valeur perçue des échanges par les enseignants. De plus, la réalisation collective d’outils concrets semble en encourager l’appropriation et la mise en œuvre. Enfin, notre étude identifie des gains apportés par le travail collaboratif en matière de rapports et de confiance entre les enseignants. Ces résultats mettent en évidence la nécessité d’encadrer le travail collaboratif des enseignants et de développer leurs habiletés collaboratives pour encourager le partage de pratiques et d’expérience professionnelle.