Rythmicité dans la construction du lien à autrui chez l'enfant autiste : recherche exploratoire dans un atelier de psychomotricité
Files
Marsily_2014.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 3.63 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Dans la clinique de l’autisme, l’alternance entre le retrait de l’enfant autiste dans ses stéréotypies et les tentatives de fusion avec le corps de l’autre ne manque pas de faire émerger auprès des équipes soignantes diverses questions quant au travail possible avec cet enfant. Les stéréotypies sont souvent considérées comme une solution de l’enfant autiste pour s'enfermer dans son monde et pour fuir le lien social. Cependant, certains auteurs proposent que les stéréotypies autistiques prennent la valeur d’un message. Elles traduiraient la tentative de l’enfant autiste de se constituer un sentiment de continuité (qui lui fait défaut) et donner sens à ses vécus sensori-moteurs. Nous pensons que ces stéréotypies pourraient témoigner d’une dysrythmie chez l’enfant autiste, c’est-à-dire d’un défaut d’intégration d’un « rythme basal de sécurité » et d’un défaut de liaison soma-psyché. L’objectif de ce mémoire est d’ouvrir des pistes de réflexion pour comprendre la nature de l'autisme et penser sa prise en charge. Nous émettons l’hypothèse que c’est à partir d'un travail de rythmicité, basé sur l’alternance entre retrait (dans les stéréotypies) et engagement (dans le monde extérieur et social), que l’enfant autiste pourrait construire un lien à autrui. L'étude de cette hypothèse a été réalisée sur base de nombreux repères théoriques psychanalytiques, développementaux, interactionnistes et psychomoteurs, sur base de deux situations cliniques réalisées à partir de nos notes de stage et sur base d’entretiens réalisés auprès des intervenants de l’atelier de psychomotricité, avec qui nous avons collaboré durant notre stage. Il en ressort que cet atelier de psychomotricité permet d’aider l’enfant autiste à s’ouvrir au lien à autrui. Plus précisément, le dispositif de cet atelier répondrait aux besoins de sécurité, de continuité, de contenance, de rythmicité, de relation et de symbolisation des vécus sensori-moteurs de l’enfant autiste. La fonction contenante sur laquelle s'appuie cet atelier ainsi que les processus de transfert et de contre-transfert permettraient un travail de co-construction d'un rythmicité commune entre l’enfant autiste et l’intervenant. Cette rythmicité commune ouvrirait la voie au partage et à l'accordage affectif, à la liaison soma-psyché de l'enfant autiste ainsi qu'à une progressive différenciation Soi - non Soi. Formulé autrement, cette rythmicité commune amènerait à la co-création d'un trait d'union entre soma-psyché et entre Soi-autrui. De cette manière, ce travail de rythmicité aiderait à la construction d'un lien à autrui chez l'enfant autiste.