Élaboration d’une méthodologie d’analyse des productions orales : quelle tâche langagière est-elle la plus sensible pour mettre en évidence la sévérité du bégaiement ?
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- À l’heure actuelle, les nombreuses recherches existantes au sujet du bégaiement ne sont pas parvenues à dégager une méthodologie claire et unanime concernant son évaluation. En effet, plusieurs aspects comme la manière de récolter, transcrire et analyser les échantillons de parole font débat entre les chercheurs. Notre premier objectif à travers cette étude a donc été d’élaborer un canevas d’analyse des productions orales sur base d’une revue critique de la littérature. Sa fiabilité a ensuite été évaluée au moyen d’accords inter-juges. En outre, nous n’avons trouvé aucune autre étude s’intéressant à savoir si une tâche langagière est unanimement plus sensible qu’une autre pour mettre en évidence la sévérité du bégaiement. Pour répondre à ce second objectif, nous avons donc procédé à des analyses statistiques en comparant la fréquence du bégaiement et les indices de fluence de 4 personnes qui bégaient à la moyenne d’un groupe de 21 sujets contrôles. Nos résultats ont montré que notre canevas d’analyse peut être considéré comme fiable et pourrait donc être utilisé dans le cadre de l’étude du bégaiement. Il pourrait toutefois être pertinent de définir mieux et davantage certains types de disfluences, ainsi que de proposer des séances d’entrainement aux juges. De plus, nous avons pu montrer que la tâche la plus sensible pour mettre en évidence la sévérité du bégaiement variait entre les PQB. Au regard des analyses statistiques, la tâche de langage spontané filmé semble être la plus pertinente pour trois PQB, tandis que c’est la dénomination rapide pour la dernière personne. Nous n’avons toutefois pas pu tester statistiquement la tâche de lecture à voix haute, or c’est dans cette tâche que nous avons observé la proportion de disfluences de type bégaiement la plus importante. Nous pourrions donc vivement conseiller aux chercheurs de creuser ces pistes, et aux cliniciens de s’y intéresser également dans le cadre de l’évaluation de leurs patients. En effet, avoir une approche différente en termes de tâches étudiées devrait avoir une importance quant à la justesse du diagnostic posé, ainsi que pour la prise en charge.