La mémoire à court terme des enfants sourds implantés et/ou appareillés : Comparaison entre les processus visuo-spatiaux et auditivo-verbaux
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- Cécile Leroux : Depuis de nombreuses années, la population sourde signante est considérée comme « visuelle ». Cependant, avec l’apparition et le développement de l’implant cochléaire, un nombre croissant de sourds délaissent la langue des signes pour se tourner vers la communication orale. Les apprentissages scolaires sont fortement liés à la mémoire à court terme. Afin de soutenir au mieux les apprentissages des enfants sourds oralistes, les équipes pédagogiques et les thérapeutes souhaitent savoir si ceux-ci gardent une préférence pour les informations visuo-spatiales ou s’ils développent un meilleur canal auditivo-verbal. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons évalué les compétences en mémoire à court terme visuo-spatiale et auditivo-verbale de neuf enfants sourds implantés et/ou appareillés, scolarisés dans l’enseignement ordinaire et âgés de 6 à 10 ans. Leurs performances ont été comparées à un groupe contrôle apparié en âge, en genre, en niveau scolaire et en QI non-verbal. Huit tâches de mémoire à court terme et deux tâches d’attention sélective leur ont été proposées. La mémoire à court terme a été évaluée à l’aide des représentations sémantiques, phonologiques, visuelles et spatiales croisées avec le traitement de l’ordre sériel. Cette étude a mis en évidence de meilleures performances en mémoire à court terme visuo-spatiale qu’auditivo-verbale chez les sourds. Les sourds ont présenté de moins bons résultats que les entendants en mémoire à court terme auditivo-verbale tandis que les deux groupes ont obtenu des résultats similaires en mémoire à court terme visuo-spatiale. Un lien entre l’attention sélective visuelle et la mémoire à court terme visuo-spatiale a été constaté pour le groupe expérimental mais pas pour le groupe contrôle. En conclusion, les enfants sourds oralistes gardent une préférence pour les informations passant par le canal visuo-spatial plutôt qu’auditivo-verbal. Il reste donc nécessaire que les intervenants aident les enfants sourds oralistes, dans leurs apprentissages, avec des supports visuels. Mathilde Leclercq : Suite aux progrès considérables dans le domaine de la technologie et de la santé, l’implantation cochléaire et l’appareillage auditif sont proposés de plus en plus précocement. Notre étude s’interroge sur le comportement de la mémoire à court terme dans le cas des enfants sourds bénéficiant d’un apport auditif et utilisant la langue française orale au quotidien. Quel est leur canal préférentiel pour encoder les informations ? Leurs compétences en mémoire à court terme se rapprochent-elles des enfants tout-venant ? Afin de répondre à ces questions, ce mémoire propose un protocole expérimental basé sur le modèle A-O-STM de Majerus en comparant d’une part les processus visuo-spatiaux et d’autre part les processus auditivo-verbaux. L’étude a porté sur un échantillon de neuf enfants sourds implantés ou appareillés et neuf enfants entendants, âgés de 6 à 11 ans. Bien que la population ciblée dans cette étude soit très hétérogène, il apparait que les enfants sourds oralistes gardent une aisance supérieure pour stocker des informations en mémoire à court terme visuo-spatiale plutôt que auditivo-verbale. Il semble également que les caractéristiques des items, leur mode de présentation et le type de traitement attendu jouent un rôle sur la capacité des enfants à maintenir des stimulus visuo-spatiaux ou verbaux en mémoire à court terme.