Etude de l'influence des stress hydriques sur la croissance radiale et l’architecture hydraulique de chênes pédonculés d’états sanitaires contrastés
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- Le phénomène de dépérissement des chênaies pédonculées ne cesse d’augmenter au fil des siècles en Europe en réponse à des phénomènes climatiques extrêmes tels que les sécheresses. Ce phénomène se caractérise par une dégradation globale de la santé de l’arbre visible au niveau de son houppier. Il est souvent associé à un ensemble de facteurs combinés tels que les stress hydriques, fréquemment cités pour expliquer ce phénomène. Notre étude s’intéresse ainsi à l’influence des stress hydriques sur la croissance radiale et l’architecture hydraulique de chênes pédonculés. Une étude dendrochronologique a été réalisée afin d'analyser leur sensibilité aux sécheresses édaphiques. Elle a été complétée par une étude de l’anatomie des vaisseaux conducteurs du bois initial. Les descripteurs des vaisseaux étudiés reprennent le nombre moyen, la surface moyenne et la conductivité hydraulique cumulée par cerne pour la période s’étalant entre 1971 et 2017. Nous avons ensuite confronté ces résultats aux déficits hydriques quantifiés sur le site d’étude. Les arbres échantillonnés proviennent du site d’Erezée en province de Luxembourg, sur lequel les chênes pédonculés se retrouvent en exclusion stationnelle dû au faible approvisionnement en eau. Ils ont été sélectionnés sur base du degré de dépérissement de leur houppier. Pour ensuite être classés en tant qu’arbres dépérissants et morts. Nous avons complété l’étude par des chronologies de croissance radiale et des analyses des paramètres de vaisseaux de chênes pédonculés sains provenant d’un site à proximité. Les évolutions des largeurs des cernes ainsi que des paramètres des vaisseaux au cours du temps se sont avérées être différentes en fonction de l’état sanitaire considéré. Nous avons montré que les arbres morts se distinguent des arbres dépérissants par des années caractéristiques négatives et des crises de croissance plus nombreuses. Cependant, l’étude des largeurs des cernes n’a pu montrer de différence entre les arbres dépérissants et morts ne permettant d’observer le déclin de ces derniers qu’à partir des années 2010. L’analyse des variables du xylème a, quant à elle, pu expliquer les causes de mortalité des arbres. Les années caractéristiques négatives ont mis en évidence l’arrière-effet de l’impact négatif des stress hydriques sur la croissance des arbres. En revanche, celui-ci n’a pu être observé au niveau des vaisseaux conducteurs. Nous avons montré que l’intensité des déficits, mais également leur fréquence sont à prendre en considération dans la compréhension de leur influence. Nous émettons l’hypothèse que les arbres étudiés sur le site d’Erezée ont acquis une résistance aux stress hydriques ne permettant pas de visualiser les impacts de ceux-ci sur l’anatomie des chênes. Cela permet de montrer que le phénomène de dépérissement s’explique par un ensemble de facteurs se combinant et se renforçant.
Citations
Rossion, G. (2018). Etude de l’influence des stress hydriques sur la croissance radiale et l’architecture hydraulique de chênes pédonculés d’états sanitaires contrastés.