Evaluation du traitement chirurgical de la rhizarthrose par trapézectomie ou arthroplastie prothétique selon la CIF.
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- 1.Introduction La rhizarthrose est, avec l’arthrose interphalangienne des doigts, la pathologie articulaire dégénérative qui touche le plus le membre supérieur. Son diagnostic est clinique, par l’anamnèse, l’observation des déformations du pouce et des tests qui mettent en contrainte l’articulation trapézo-métacarpienne. La radiographie peut confirmer le diagnostic. Le traitement des formes symptomatiques de rhizarthrose se réalise habituellement par paliers, allant des orthèses de repos et de positionnement de l’articulation trapézo-métacarpienne aux interventions chirurgicales, en passant par les infiltrations. Parmi les nombreuses interventions décrites pour traiter cette pathologie, la trapézectomie et l’arthroplastie prothétique qui visent à lever le conflit articulaire sont les plus fréquentes dans notre pays et quelques pays voisins. L’arthroplastie prothétique est peu répandue dans les pays anglo-saxons qui en considèrent le coût et la fiabilité incertaine. La trapézectomie y est l’intervention reine. La présente étude vise à évaluer selon le modèle multidimensionnel de la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé l’intervention par prothèse en comparaison avec la trapézectomie. 2.Matériel et Méthode Pour l’évaluation des 3 composantes de la CIF, nous avons retenu comme paramètres une échelle visuelle analogique de douleur (VAS), un questionnaire de capacité (Quick Disabillity of Arm, Soulder and Hand) et un questionnaire relatif à la qualité de vie (SF12). Des paramètres secondaires ont aussi été évalués comme le délai de reprise d’activité professionnelle et de loisirs, la satisfaction par rapport à l’intervention et les complications. Sur base d’un calcul a priori de taille de groupe nécessaire à la mise en évidence d’une différence statistiquement et cliniquement significative (pour la variable QDASH) , 2 groupes successifs de patients opérés de trapézectomie (23 cas) ou de prothèse (22 cas) ont été suivis et évalués avec un recul de 3 ans et 1,5 an respectivement. 3.Résultats Les 2 groupes présentaient les mêmes caractéristiques de base (sexe, âge, poids, taille, côté opéré par rapport à la latéralité, grade radiologique de l’arthrose trapézo-métacarpienne, douleur (VAS), QDASH, SF12).Au dernier recul, les 2 types d’opération, trapézectomie et prothèse, ont montré, indifféremment, un effet bénéfique sur tous les paramètres représentant le modèle de la CIF. Cette- 3 - étude n’a pas pu mettre en évidence de différence dans le délai de reprise des activités professionnelles ou de loisirs. L’évaluation globale des interventions est élevée et similaire dans les 2 groupes. Le groupe des patientes opérées par prothèse se distingue cependant en concentrant toutes les complications qui ont amené à une nouvelle opération. Six reprises chirurgicales ont été réalisées suite à 4 luxations, 1 descellement de cupule implantée dans le trapèze et une arthrose scaphotrapézo-trapézoïdienne symptomatique. 4.Discussion Cette étude n’a pas montré de différence entre les groupes opérés par trapézectomie et par prothèse selon les paramètres étudiés pour rendre compte du modèle multidimensionnel de la CIF. À la revue de la littérature, la comparaison reste mitigée. Une tendance à la récupération fonctionnelle plus rapide et supérieure après prothèse avec meilleure restauration morphologique de la colonne du pouce est notée mais habituellement, comme dans la présente étude, au prix de complications et d’un taux de reprise plus élevés. Avant diffusion large, l’arthroplastie prothétique pour rhizarthrose devrait encore faire la preuve de sa fiabilité par survie à long terme après implantation par la majorité des chirurgiens. L’inclusion de ces opérations dans des registres d’arthroplastie pourrait être un outil utile.