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Comment prendre en compte la pensée féministe postcoloniale dans l'accueil des femmes en migration ? Le cas de la Sister's House

(2022)

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Tous les jours, des centaines de personnes en migration arrivent à Bruxelles, au cœur de l’Europe, après avoir voyagé durant des mois ou des années et traversé de multiples épreuves tout au long de leur parcours. Ces personnes sont de passage, en réflexion ou dans l’attente de pouvoir demander l’asile. Depuis 2015, la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés, association issue de la mobilisation citoyenne, rassemble les initiatives et énergies citoyennes dans le but de soutenir et accompagner ces personnes dès leur arrivée en Belgique. Depuis 7 ans, en partenariat avec d’autres acteurs de la société civile, la PCSR organise l’accueil de celles et ceux qui sont invisibilisés et violentés par les politiques migratoires. Parmi ces personnes, se trouvent les femmes. Si les femmes en migration font l’objet d’un champ d’étude à part entière aujourd’hui, leur place n’a été que peu ou partiellement mise en lumière dans l’Histoire des migrations. En effet, la sociologie des migrations a également fait les frais de l’androcentrisme latent des sciences sociales. Pourtant, pour diverses raisons, de nombreuses femmes prennent la route pour fuir des violences ou des contextes dramatiques, dans l’espoir de démarrer une nouvelle vie, ailleurs. Leurs parcours sont semés d’embûches et elles se retrouvent particulièrement vulnérabilisées par la précarité de leur situation : sans-abri et avec très peu de ressources, elles sont au croisement d’une multitude de mécanismes de domination et de violences de genre, de classe et de race. L’accueil réservé à ces femmes est également loin d’être exempt de violences. En novembre 2018, un projet d’hébergement non-mixte pour femmes migrantes sans-abri a vu le jour : La Sister’s House. À l’initiative d’un petit groupe de bénévoles, le projet est devenu le dispositif d’hébergement, d’informations et d’accompagnement pour femmes migrantes sans-abri de la PCSR. Projet d’hébergement pilote, hybride et innovant, la SH est un véritable laboratoire de l’accueil des femmes en migration à Bruxelles, et, en son sein, s’y jouent de nombreux enjeux et réflexions politiques. Ce sont ces réflexions que ce travail tente de mettre en lumière. À travers une grille de lecture féministe et postcoloniale, il s’agit d’une analyse des questions qui se posent au sein de la SH comme dispositif d’hébergement, mais aussi comme projet politique au sein du secteur du sans-abrisme et de la migration. La SH, ce qui s’y vit ainsi que les tensions qui en émergent, sont, dans cette optique, un terrain pour imaginer une conception de l’accueil digne en proposant une approche spécifique qui réponde aux besoins des femmes en migration. Every day, hundreds of migrants arrive in Brussels, in the heart of Europe, after having travelled for months or years and gone through many hardships along the way. These people are either passing through, considering or waiting to apply for asylum. Since 2015, the Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés, an association born out of citizen mobilisation, has been bringing together citizen initiatives and energies with the aim of supporting and accompanying these people as soon as they arrive in Belgium. For the past 7 years, in partnership with other civil society actors, the PCSR has been organising the reception of those who are invisibilised and violated by migration policies. Among these people are women. Although women in migration are the subject of a field of study in their own right today, their place has been only partially or rarely highlighted in the history of migration. Indeed, the sociology of migration has also suffered from the latent androcentrism of the social sciences. Yet, for various reasons, many women take to the road to escape violence or dramatic contexts, in the hope of starting a new life elsewhere. Their journeys are fraught with difficulties and they find themselves particularly vulnerable because of the precariousness of their situation: homeless and with very few resources, they are at the crossroads of a multitude of mechanisms of domination and gender, class and racial violence. The reception given to these women is also far from being free of violence. In November 2018, a “women only” accommodation project for homeless migrant women was launched: The Sister's House. Initiated by a small group of volunteers, the project has become PCSR's accommodation, information and support facility for homeless migrant women. As a pilot, hybrid and innovative accommodation project, the SH is a real laboratory for the reception of migrant women in Brussels, and within it, many issues and political reflections are played out. It is these reflections that this work attempts to bring to light. Using a feminist and postcolonial perspective, it analyses the issues that arise within the SH as a shelter, but also as a political project within the homelessness and migration sector. From this perspective, the SH, what is experienced there and the tensions that emerge, are a ground for imagining a concept of dignified reception by proposing a specific approach that meets the needs of migrant women.