Files
Robert_50270700_2017.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 2.73 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Dans la présente étude psychosociale, notre hypothèse postule qu’entre 2011 et 2013, les jeunes d'origine africaine ou afro-descendants de Bruxelles évoluant dans les bandes que nous avons rencontrés ont été influencés par la société belge au sujet des images stéréotypées des Africains véhiculées par les médias, les institutions, au travers des relations interpersonnelles, etc., et ont internalisé des stéréotypes (Schadron,2006) ayant trait à des caractéristiques morales, physiques et intellectuelles. Les jeunes dont question appartiennent à des groupes communément appelés des « bandes urbaines » dans la presse notamment, en raison de leur comportement délinquant. Empiriquement, cette recherche s'appuie essentiellement sur l'analyse d'entretiens semi-directifs avec 14 jeunes, âgés entre 14 et 26 ans, rencontré en situation de stress intense (exploratoire) puis dans un contexte récréatif. Par ailleurs, la recherche documentaire sur les stéréotypes à propos des Africains et/ou des personnes d'origine africaine nous a permis de créer une grille récapitulative de ces stéréotypes. Nous avons constaté que les stéréotypes contemporains au sujet des Africains proviennent de la période coloniale (Jacquemin J-P et al. 1991). Dans un second temps, nous avons comparé les stéréotypes de cette grille avec ceux repérés dans le discours des jeunes. Nos étude s’est déroulée en deux parties : trois années d’exploration (2008-2010) en amont de trois années de recherche dédiées à l'étude principale (2011-2013). Nos résultats principaux confirment notre hypothèse. Nous avons constaté une abondance d'auto-stéréotypes (42%), souvent négatifs, dans le discours des jeunes. Ces auto-stéréotypes sont d’une part les mêmes que ceux rencontrés dans la société belge. Mais ils sont aussi souvent utilisés par les jeunes rencontrés pour justifier l’existence des violences extrêmes des bandes de jeunes qu’ils analysent comme la conséquence de l’échec des aînés, de la diaspora africaine, à les prendre en charge. De plus, notre étude montre que les jeunes ont tendance à dévaluer les endo-groupes auxquels ils disent pourtant appartenir (jeunes Noirs, Africains, etc). A contrario, les jeunes participants à l’étude ont une forte affection pour la source des stéréotypes, les « Blancs/Belges », selon leurs termes. Des recherches sur le lien entre le racisme post-colonial et la santé (somatique ou psychique) pourront prolonger notre études.