Impacts de deux traitements de pollution lumineuse sur le développement de la larve à l'adulte des espèces Agrotis exclamationis et Ochropleura plecta (Lepidoptera : Noctuidae)
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- La pollution lumineuse, issue principalement de l'éclairage artificiel nocturne, est devenue une source croissante de perturbation pour la biodiversité. En altérant les cycles jour-nuit, elle peut avoir d’importants impacts comportementaux, écologiques, morphologiques et physiologiques, affectant tout organisme doté d’un rythme circadien, notamment les papillons de nuit. Cette forme de pollution, souvent sous-estimée, perturbe les rythmes biologiques naturels, entraîne des désorientations et modifie les interactions écologiques fondamentales. Ce mémoire se concentre spécifiquement sur l'impact de deux traitements de pollution lumineuse (Full : lumière constante et Smart : lumière en alternance) sur le développement et la morphologie de deux espèces de la famille des Noctuidae : Agrotis exclamationis et Ochropleura plecta. L'étude a suivi le développement des individus de la phase larvaire à l’adulte, en analysant les effets de différents régimes lumineux sur des paramètres tels que la survie, le nombre de mues, le temps de développement, la masse corporelle et la consommation alimentaire. Mais également sur la morphologie des adultes Agrotis exclamationis en analysant leur masse, leur poids sec, la masse de leur thorax, la mélanisation de leurs ailes, la longueur de leurs ailes et le ratio fécondité des femelles. Les résultats montrent que la lumière artificielle influence de manière complexe et variable ces paramètres selon les espèces et le sexe. De manière générale, le traitement Smart a eu des effets moins prononcés que le traitement Full. Cela laisse dès lors sous-entendre que la pollution lumineuse non fixe aurait des impacts réduits par rapport à la lumière constante. Cependant, le traitement Smart a tout de même eu des impacts significatifs sur un grand nombre de variables et ces impacts ne sont dès lors pas à prendre à la légère. Ces observations mettent en évidence la nécessité de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces variations intra et interspécifiques, en particulier en ce qui concerne les effets à long terme sur les papillons de nuit dans des environnements affectés par la pollution lumineuse. Ce travail contribue ainsi à enrichir les connaissances sur les conséquences de la lumière artificielle, tout en soulignant la complexité des réponses biologiques à ce facteur environnemental. Light pollution, mainly from artificial night-time lighting, has become a growing source of disturbance for biodiversity. By altering day-night cycles, it can have significant behavioural, ecological, morphological and physiological impacts, affecting all organisms with circadian rhythms, including moths. This form of pollution, which is often underestimated, disrupts natural biological rhythms, causes disorientation and alters fundamental ecological interactions. This thesis focuses specifically on the impact of two light pollution treatments (Full : constant light and Smart : alternating light) on the development and morphology of two species of the Noctuidae family: Agrotis exclamationis and Ochropleura plecta. The study followed the development of individuals from the larval phase to adulthood, analysing the effects of different light regimes on parameters such as survival, number of moults, development time, body mass and food consumption. But also, on the morphology of Agrotis exclamationis adults by analysing their mass, dry weight, thorax mass, wing melanisation, wing length and female fecundity ratio. The results show that artificial light has a complex and variable influence on these parameters, depending on the species and sex. Generally, the Smart treatment had less pronounced effects than the Full treatment. This suggests that unfixed light pollution has a lesser impact than constant light. However, the Smart treatment still had significant impacts on many variables and these impacts should not be taken lightly. These observations highlight the need for a better understanding of the mechanisms underlying these intra- and interspecific variations, particularly about the long-term effects on moths in environments affected by light pollution. This work thus contributes to our knowledge of the consequences of artificial light, while highlighting the complexity of biological responses to this environmental factor.