Les chants en langues locales pour une liturgie participative, communautaire et émotionnelle dans l’archidiocèse de Kinshasa.
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- Notre étude porte sur les chants liturgiques en Kikongo et en Lingala, les langues locales de la République Démocratique du Congo. Ces chants sont dans la vie spirituelle d’un peuple, et font partie intégrante de la liturgie quasi-inculturée du rite zaïrois. Ce rite est plus célébré dans l’archidiocèse de Kinshasa. Pour atteindre notre objectif, nous nous sommes basés sur les sources théologiques et interdisciplinaires, en commençant par démontrer l’évolution du rite zaïrois (le Missel Romain pour les diocèses du Zaïre) jusqu’à son autorisation en 1988. Nous n’avons pas oublié les pionniers du rite et les parcours historiques des compositeurs des chants liturgiques en langues locales : Alphonse Müller le Ngayim c’est-à-dire (celui qui possède nos chants), Barthélemy Binia et Victor Maniang. Ils ont des prédécesseurs et des contemporains que nous avons cités, en passant. Au cours des missions d’évangélisation, les communautés locales ne comprenaient pas ce qu’elles chantaient, la participation communautaire et émotionnelle apparaissait moindre. Dès lors, tout est parti de l’inculturation, un néologisme de la missiologie ayant un apport interactif entre l’unité de la foi et la diversité de cultures. Son impact est non négligeable dans l’Eglise congolaise après le concile Vatican II. Il y a par exemple, une floraison de chants liturgiques en Kikongo et en Lingala dans l’archidiocèse de Kinshasa, aux autres diocèses de l’église congolaise et à la diaspora. Certains viennent d’être exécutés à la messe papale de 2019 et celle de 2022 en rite zaïrois, à Rome. Les célébrations du pape François en rite zaïrois pour les fidèles autochtones de la RD. Congo, nous poussent à croire que les chants en langues locales congolaises, ont généralement remplacé les chants grégoriens et européens dans la messe congolaise. De tous ces chants, nous n’avons analysé que six, de trois compositeurs précités. Ils sont exécutés dans l’archidiocèse de Kinshasa et dans les réseaux sociaux : le chant de la procession d’entrée du célébrant Mbuta nganga (le grand prêtre), le chant de procession du dimanche des rameaux et de la passion de Jésus Hozanna na Mwana wa/ya David (Hosanna au Fils de David), le cantique d’amour Beto tondana (Aimons-nous les uns les autres, 1 Cor. 13, 1-7), le chant de la Nativité To sepela banso (Soyons dans l’allégresse), le chant de l’Ascension Ngulunsi utumboka (le Sauveur est monté aux cieux), le Sanctus, hozana e santu e (Saint, saint, saint, hosanna). Ces chants actualisent l’incarnation de la Parole et la mission d’évangélisation dans la culture congolaise. Les textes de ces chants sont puisés dans les Ecritures Saintes, la Tradition, les hymnes et les réalités sociales, par les compositeurs. Cependant, les mélodies, la percussion et les rythmes sont traditionnels. C’est pourquoi, ils sont à la base d’une liturgie participative, communautaire et émotionnelle. Ces chants sont plus interprétés par la chorale du père Alphonse Müller, Bana Ngayim ; c’est-à-dire, (les enfants de celui qui possède les chants). Mais parfois ils subissent des interférences langagières et des déformations mélodiques des interprètes. Ils sont sur les partitions, mais leurs recueils sont mal conservés et disparaissent. Que le service d’archives du centre pastoral Lindonge, de l’archidiocèse de Kinshasa, veille à la conservation des anciens recueils de chants liturgiques, leur actualisation et leur mise sur portées musicales. Ce sont des perles dont les répertoires et les partitions serviront pour les recherches historiques et ethnomusicologiques.