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Étude sémantico-historique du terme seruus entre le 9e et le 13e siècle : essai de diplomatique numérique

(2022)

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Souvent, dans l'historiographie, le terme seruus a été employé pour appuyer des thèses qui accentuaient la servitude des plus humbles au Moyen Âge. On parle de servage. Mais cette perception est biaisée par la volonté, depuis la Renaissance, de voir en cette période un repoussoir, une période obscure qu'il faut absolument dépasser. L'appellation seruus n'était cependant pas l'unique apanage des asservis, mais bien aussi le titre des serviteurs de Dieu (tant les fidèles que les hommes d'Église). Difficile de croire que dans les documents diplomatiques médiévaux, un scribe ait pu songer à des sens si distincts. Les techniques numériques et l'anthropologie historique donnent des clefs d'analyse pour deviner le ciment de cette polarité sémantique. Les analyses cooccurrentielles de seruus dans les documents diplomatiques appuient cette thèse de pluralité sémantique, à laquelle la théorie de pensée analogique d'Anita Guerreau-Jalabert donne sens. La traduction n'est pas ici à l'ordre du jour, car les définitions des lexicographies médiévales et modernes sont peu représentatives d'une réalité mouvante et fluctuante. Mais il n'est pas faux de dire que la conception de la servitude pour les serui passe par la projection de la relation seruus/deus à leur propre dominus.