Analyse de la raideur musculo-tendineuse et de son influence sur les blessures du membre inférieur : Focus sur la tendinopathie d'Achille
Files
PERETZ_Elisa_39401700VITTOT_Virgile_44921700_2023_2024.pdf
Open access - Adobe PDF
- 2.27 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Contexte : La raideur des jambes est un concept biomécanique faisant référence à la résistance du membre inférieur à la déformation lors d'activités telles que la marche, la course et le saut. Elle implique la capacité des muscles, des tendons et des articulations de la jambe à absorber et à libérer l'énergie de manière efficace. La raideur des jambes joue un rôle crucial dans la locomotion humaine, en influençant des facteurs tels que la stabilité, l'efficacité du mouvement et la transmission des forces par les membres inférieurs. Un bon équilibre de la rigidité des jambes est essentiel pour de nombreuses activités, y compris les performances sportives et les mouvements quotidiens. La compréhension et l'optimisation de la rigidité des jambes sont des éléments importants dans des domaines comme la biomécanique, les sciences du sport et la rééducation. Elles contribuent à améliorer les performances et à réduire le risque de blessure musculo-tendineuse. Conception : étude transversale observationnelle. Méthode : Nous avons constitué un échantillon de cent quatre-vingt-un individus en bonne santé pour notre étude. Un investigateur a mesuré à l’aide du MyotonPro la raideur (exprimée en N/m) des segments jambiers inférieurs, incluant les gastrocnémiens médiaux et latéraux (GN MED, GN LAT), les fascias plantaires (FP), ainsi que les tendons d'Achille (TA) et rotuliens (TP). Simultanément, un autre investigateur a administré un questionnaire visant à collecter des données anthropométriques, un historique des antécédents de blessure, ainsi que des informations sur les habitudes liées à la pratique d'activité physique. Une analyse statistique a été réalisée pour mieux comprendre la relation entre les raideurs moyennes observées et les caractéristiques personnelles des participants. De plus, nous avons examiné de manière approfondie les raideurs en nous concentrant sur les pathologies préexistantes ou survenues dans l'échantillon pendant notre étude. Résultats : Le tendon d’Achille (TA) s’avère être la structure musculo-tendineuse mesurée la plus raide avec une moyenne de 638 N/m. Une différence significative des raideurs selon le genre a été observée, avec une raideur moyenne plus élevée chez les hommes (484,39 N/m) que chez les femmes (427,42 N/m) pour chaque structure. Il existe des différences significatives de raideur entre les groupes concernant les paramètres anthropométriques. L’évolution des raideurs moyennes en fonction de l’âge semble être croissante. Le TA est le seul élément ayant une tendance décroissante à partir de la catégorie 50-59 ans. Il y a une augmentation des raideurs (moyenne et médiane) chez les participants ayant vécu un ou plusieurs antécédents de blessure (ATCD) concernant les GN MED et LAT ainsi que le TA. Il est compliqué d’élaborer un lien entre le type d’ATCD et la raideur de(s) la structure(s) endommagée(s). Toutefois, une augmentation de la raideur moyenne du TA est observée chez les sujets ayant développé une tendinopathie d’Achille (731,80 N/m) en comparaison avec ceux n’en ayant jamais vécu (635.95 N/m). Le FP montre également une différence de raideur entre les sujets ayant des ATCD de tendinopathie d’Achille (plus raides) et les sujets sans ATCD de cette dernière. Aucune différence significative de raideur n’a été remarquée concernant la fréquence de pratique d’une activité physique (AP). Le groupe associant les activités physiques a montré une raideur moyenne légèrement augmentée comparé au groupe de sujets ne pratiquant aucune AP ou une seule AP. Selon les différentes AP pratiquées, nous avons observé une petite spécificité concernant le type d’AP et la raideur d’une structure associée. Par exemple, la raideur du TA chez les danseurs est inférieure à toutes les autres catégories d’AP et la raideur du FP est plus élevée chez les footeux et les marcheurs. Toutefois, être droitier ou gaucher ne semble pas influencer les raideurs des structures mesurées. Enfin, le faible taux de blessures apparues pendant l’étude ne rend pas concluant l’aspect potentiellement préventif de l’analyse des raideurs comme facteur prédictif d’une pathologie musculo- tendineuse. Conclusion : Notre analyse des raideurs a soutenu les observations d’études précédentes concernant les liens établis avec les caractéristiques anthropométriques et démographiques. Il a été innovant d’établir des hypothèses visant à mieux comprendre l’évolution des raideurs des segments jambiers inférieurs avec les habitudes sportives, les antécédents de blessure et les blessures récentes. Plusieurs observations montrent une potentielle connexion entre les valeurs de raideur analysées et les facteurs personnels recueillis.