L’impact de l’hypnose peropératoire lors de la chirurgie du cancer du sein sur la récupération postopératoire tardive et à long terme
Files
Vandenbergen_Liselot_77001200_2017-2018.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 928.83 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Nous avons réalisé une étude rétrospective qui vise à comparer l’apparition d’effets secondaires au décours du traitement adjuvant oncologique chez des patientes opérées d’une tumeur du sein sous anesthésie générale (AG) versus sous hypnosédation (H) entre 2013 et 2015 aux Cliniques Universitaires Saint-Luc (CUSL). Par rapport à la radiothérapie, nous n’avons pas retrouvé une différence significative entre la survenue de fatigue (AG : 31,7% vs. H : 37,9% ; P=0,475) et de radiodermite (AG : 79,3% vs. H : 77,2% ; P=0,838). Concernant l'hormonothérapie, nous avons comparé les troubles locomoteurs (P=0,237), les bouffées de chaleur (P=0,760), la prise de poids (P=0,015), les troubles gynécologiques ou urinaires (P=0,956), les troubles cardiopulmonaires (P=0,837), les troubles digestifs (P=0,967) et les effets secondaires du système nerveux central (P=0,760). Enfin, dans cette même étude rétrospective, nous avons mesuré la fréquence d’apparition de lymphœdème nécessitant une ponction évacuatrice dans les jours suivant la chirurgie mammaire (AG : 5,4% vs. H : 6,1%, P=0,707). De plus, nous avons mené une étude prospective pour laquelle nous avons envoyé des questionnaires à 559 patientes opérées d’un cancer du sein sous anesthésie générale (AG) ou sous hypnosédation (H) entre 2009 et 2015 aux CUSL dont le taux de réponse a été de 37%. Nous observons une différence significative entre le groupe opéré sous anesthésie générale et le groupe ayant bénéficié d’une hypnosédation en termes de douleur post-opératoire tardive (AG : 59,6% vs. H : 30,1% ; P=0,000), douleur persistante pendant <3 mois (AG : 30,3% vs. H : 16,4% ; P= 0,040), la perturbation de la vie professionnelle (AG : 38,2% vs. H : 23,3% ; P=0,042), la perturbation de la vie sociale (AG : 43,8% vs. H : 26% ; P=0,019), la perturbation de la vie familiale (AG : 47,2% vs. H : 30,1% ; P=0,027) et la présence d’un trouble anxieux (AG : 43,8% vs. H : 24,7% ; P=0,011) ou d’un trouble dépressif (AG : 23,8% vs. H : 8,2% ; P=0,009) probable. Nous avons constaté que les patientes opérées sous anesthésie générale ont eu 3,4 fois plus de douleur apparue après la chirurgie (OR(H)= 0,290, IC95[0,498-0,146]). De même, dans ce groupe, les troubles anxieux étaient 2,3 fois plus fréquents (OR(H)= 0,440, IC95[0,908 – 0,213]) et les troubles thymiques 3,5 fois plus fréquents (OR(H)= 0,283, IC95[0,768 – 0,104]) lors de l’enquête. Des patientes opérées sous hypnose, 91,9% conseille cette technique d’anesthésie à un tiers. De ce même groupe, 73,3% a trouvé cette hypnosédation une expérience excellente et 20,2% l’a vécue comme une bonne expérience.