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La sanction et le genre: une interdépendance en milieu scolaire

(2022)

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La sanction en éducation a connu des changements notables dans sa conception et son application, en particulier au cours de ces dernières décennies. Le châtiment corporel largement répandu et destiné à réprimer, à faire entrer dans le rang a été dénoncé pour ses effets délétères et pour son atteinte aux droits des enfants au cours des années 80 (Delanoë, 2017). Une réflexion et une mise en action sont à l’œuvre au sein de l’institution scolaire pour gérer autrement la discipline et la rendre plus émancipatrice. Ce mémoire interroge les applications actuelles de la sanction en milieu scolaire, en particulier dans le troisième degré primaire. Par ailleurs, la mixité scolaire instaurée durant les années 70 avait notamment pour but d’offrir les mêmes chances et la même instruction aux filles et aux garçons, et d’éliminer les inégalités de genre (Duru-Bellat, 2010 ; Dubet, 2010). Or, l’école continue de construire et alimenter certaines inégalités de genre (Duru-Bellat, 2017 ; Mosconi, 2001). Par ailleurs, la socialisation différenciée et les stéréotypes de genre ont toujours un réel impact sur le vécu des élèves et sur les représentations des enseignants. Dans sa thèse de doctorat, Ayral (2019) montrait que 80% des sanctions appliquées au collège concernaient des garçons. Ce mémoire interroge donc ces différences de perception et la manière dont elles peuvent influencer l’application des sanctions. A travers une démarche qualitative mettant en œuvre des observations non-participantes et des entretiens semi-directifs avec sept enseignants du troisième degré de l’enseignement primaire, le premier but de la recherche est de déterminer si les stéréotypes de genre influencent les perceptions des enseignants par rapport aux comportements des élèves en fonction de leur genre. Le deuxième objectif est de déterminer si cette différence de perception entraîne une différenciation au niveau de la sanction. Enfin, nous nous demanderons si les pratiques de terrain correspondent au modèle de la sanction éducative décrit par Prairat (2009), et si sa qualité varie en fonction du genre de l’élève. Malgré une volonté et une réflexion évidente de la part des enseignants, les applications de la sanction ne peuvent être considérées comme réellement éducatives, au sens de Prairat (2009) ou de Bonnefond (2009). Les représentations genrées sont effectivement bien présentes et ancrées chez la plupart des enseignants bien que la socialisation différenciée des élèves participe à les alimenter. Les garçons sont effectivement largement plus sanctionnés et surveillés que les filles, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils soient perçus de manière plus négative. Malgré tout, une réhabilitation de la sanction et une mise en valeur de son potentiel émancipateur, ainsi que la persistance des inégalités de genre en milieu scolaire méritent d’être portées à l’attention des acteurs de l’enseignement.