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Quand la cause animale génère un débat idéologique et culturel, regard sur ce nouvel enjeu

(2018)

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La place de l’animal a évolué dans notre société et fait depuis quelques temps, l’objet de législations visant sa protection et son bien-être dans quelque domaine que ce soit. Les groupes œuvrant pour cette cause se situent dans la continuité de mouvements militant contre la discrimination, tels que l’antiracisme ou les mouvements féministes. Les plus extrêmes de ces groupes revendiquent l’égalité universelle, quelle que soit l’espèce, impliquant des traitements identiques envers l’homme ou l’animal. Après de nombreuses campagnes de sensibilisation principalement orchestrées par Gaïa, le Parlement Wallon adopta, en mai 2017, un décret réglementant l’abattage rituel. Par les souffrances infligées étant donné la mise à mort de la bête consciente comme l’impose le Coran, l’Aïd el-Kebir, fête du sacrifice, fut en effet l’objet de nombreuses critiques. A côté de cet évènement ancré chez les musulmans, c’est toute la tradition casher et halal qui fut dénoncée ainsi que les cultures y étant associées. La question de l’égorgement sans étourdissement devint donc un problème public et fit l’objet d’une mise à l’agenda politique, obligeant les autorités à trouver des solutions convenant à tous. L’obligation d’étourdir la bête est désormais de mise pour tout abattage, que celui-ci soit conventionnel ou rituel. Ce texte légal, répondant donc à une situation jugée instable et problématique, peut être considéré comme une innovation si on le met en lien avec la sociologie de la traduction. Le décret fut le résultat d’un double débat. D’une part, celui autour du bien-être animal et d’autre part, le débat sur la nécessité de faire cohabiter le mieux possible, dans le même espace géopolitique, plusieurs cultures. Cependant, considérant qu’on portait atteinte à leur liberté de culte et à son exercice, les autorités juives et musulmanes s’opposèrent à ce texte. Par ailleurs, par son mode de communication et son approche de cette problématique, Gaïa ne s’est pas limité à dénoncer une pratique jugée violente. En associant aux personnes de confession musulmane, un comportement barbare, le mouvement de défense a en effet utilisé des clichés pouvant entretenir certains amalgames au sein de la société. La lutte initiale pour la cause animale a ainsi donné vie à un discours autour de l’acceptation culturelle et la remise en cause de celle-ci. Le décret 2017 n’est-il donc qu’un bien nécessaire pour la protection animale ou était-il davantage, un moyen de cadrer une culture susceptible de heurter nos valeurs occidentales ?