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Des masculinités à l'épreuve dans un groupe pour auteurs de violences intrafamiliales

(2020)

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Ce mémoire-stage est issu de l’observation d’un programme de responsabilisation pour auteurs de violences conjugales et intrafamiliales. La chercheuse a suivi un groupe de sept hommes condamnés par la justice à effectuer 42 heures de séances collectives au sein de l’association Praxis en Belgique francophone. L’objet de l’analyse en études de genre porte sur les masculinités véhiculées par ces auteurs de violences et l’effet du travail réflexif sur leurs conceptions. Le groupe s’étant révélé très homogène en termes de classe sociale – les participants étaient tous de classe ouvrière, avec un niveau d’éducation faible – l’analyse se veut intersectionnelle, croisant le genre et la classe. Le travail est structuré en quatre chapitres. Les trois premiers portent sur des thèmes récurrents dans les discours des auteurs et déterminants dans leur conception des masculinités : leur rapport à la paternité, au travail et aux femmes. Le quatrième chapitre s’attarde sur le groupe en tant que lieu dynamique de construction d’une nouvelle forme de masculinité ; élaboration conflictuelle, en ce qu’elle oppose une vision traditionnelle défendue par les auteurs et une proposition plus souple – et forcément non violente – amenée par le duo de psychologues qui encadre les séances. L’assise théorique réfère aux travaux fondateurs de Raewyn Connell, notamment à ses concepts de masculinité hégémonique, de masculinité marginalisée, et d’incorporation du genre. L’analyse s’inscrit dans la lignée des travaux anglophones de Ptacek (1988), Hearn (1998), Dobbash & Dobbash (1998), puis Anderson & Umberson (2001), Mullaney (2007), Shrock & Padavic (2007), entre autres, prenant comme matériau la parole des auteurs de violences envers les femmes. La reformulation des faits et la façon dont ces hommes se (re)présentent au sein d’un groupe de pairs sont considérées comme participant, en soi, à la fabrique du genre et des masculinités.