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Impact du broutement de l’orignal sur la dynamique de régénération des sapinières montagnardes le long d’un gradient altitudinal en Gaspésie, Québec

(2025)

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Les forêts boréales sont animées par de nombreuses perturbations, allant des grands feux détruisant de larges étendues à des chutes d’arbres formant de petites trouées. Ces trouées sont les perturbations dominantes là où les cycles des feux sont très long (entre 200 et 500 ans), et permettent la régénération de nombreuses espèces. Les herbivores, comme les orignaux (Alces alces), sont également intéressés par ces trouées car ils sont attirés par la végétation en régénération, qui constitue une grande partie de leur alimentation. Cependant, les impacts du broutement de l’orignal sur la trajectoire de succession des peuplements après une ouverture de la canopée suite à une perturbation par trouée est peu connu. L’objectif de ce mémoire est d’identifier si le broutement des orignaux est susceptibles de modifier de façon significative la trajectoire de succession végétale dans une trouée. Nous avons également comme objectif d’identifier vers quel type de peuplement se dirige une zone non broutée et si le sapin baumier (Abies balsamea) parvient à reprendre la dominance en absence de broutement. Pour étudier cela, nous avons mis en place des exclos et des parcelles appariées centrés dans des trouées forestières naturelles, dans des sapinières à bouleau blanc montagnardes dans le réserve faunique de Matane en 2014 et 2015. Nos résultats montrent que dans les parcelles accessibles au broutement, les tiges de sapin en régénération ne parviennent pas à se maintenir et à passer au stade gaulis, limitant la fermeture des trouées forestières qui s’écartent de la trajectoire de succession naturelle. Le sapin baumier ne parvient pas non plus à reprendre la dominance dans les parcelles où l’orignal est exclus. Dix ans après l’exclusion, ce sont les feuillus, surtout l’érable à épis (Acer spicatum), qui dominent. Nous suggérons une réduction de la population des orignaux à des densités où les peuplements naturels peuvent se maintenir, en particulier le sapin baumier. Une densité de population intermédiaire pourrait maintenir un équilibre entre le sapin et les feuillus grâce au broutement sélectif de l’orignal sur les feuillus.