Coup de coeur : question relative au phénomène d’abandon dans la prise en charge groupale des auteurs de violences conjugales. Revue de la littérature et recherche qualitative
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- Résumé : Question relative à la prise en charge des auteurs de violences conjugales par les groupes de parole. - La violence domestique existe depuis la nuit des temps mais ce n’est que très récemment qu’elle est devenue une problématique centrale de nos politiciens ainsi qu’un objet d’attention scientifique. D’abord objet de honte, elle est aujourd’hui objet de scandale. Sa définition est très large : elle revêt une multitude de comportements. De nombreuses campagnes ont vu le jour et mettent l’accent sur la prévention de ces violences. Mais quand celles-ci sont déjà bien présentes dans le couple, comment peut-on faire pour y remédier ? Ce mémoire s’intéresse à la question du soin des auteurs de violences conjugales et plus particulièrement de manière groupale. En effet, ce moyen de prise en charge devient de plus en plus répandu et complète bien souvent des mesures judiciaires ainsi qu’une prise en charge de la victime. Si plusieurs études ont pu mettre en lumière la pertinence de ces groupes dans le traitement des hommes violents afin d’éviter la récidive, un des problèmes rencontrés lors de la prise en charge de cette population est le taux élevé d’abandon en cours de programme. Cette problématique n’a encore été que peu investiguée jusqu’à présent. Ce mémoire a donc pour objectif de comprendre le phénomène d’abandon en explorant le sens que donnent les thérapeutes à celui-ci et ce, afin de mieux prévenir cette problématique. Les données qualitatives recueillies lors d’entretiens semi-directifs avec les professionnels du milieu ont pu être examinées au regard de la méthode d’analyse thématique. Les résultats de celle-ci ont mis en évidence plusieurs points importants. D’une part, cette étude a montré la complexité du phénomène d’abandon résidant en grande partie dans l’absence de consensus sur sa définition. Les résultats des études statistiques sur le sujet sont donc par conséquent difficilement comparables les unes aux autres et peu représentatives de la réalité. D’autre part, l’abandon ne peut être abordé sans tenir compte de la contrainte judiciaire ou sociétale. Enfin, certains facteurs pouvant influencer la persévérance (ou la non-persévérance) des auteurs de violences conjugales ont pu émerger de notre recherche qualitative. Ces facteurs concernent tout autant l’auteur de violences conjugales, le groupe de parole, le thérapeute mais aussi et surtout la relation thérapeutique. Notre reconnaissance du phénomène d’abandon comme un processus normal faisant partie intégrante d’une prise en charge thérapeutique, mais aussi la mise en évidence de ces facteurs de persévérance peuvent constituer un outil non négligeable dans la compréhension et la lutte contre l’abandon.