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Audier_90741400_2018.pdf
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- Cette recherche vise à rendre compte de la quête existentielle d’une cavalière de dressage dont la pratique équestre s’inscrit dans une perspective de recherche du sentiment de beauté. Cette discipline équestre requiert une maîtrise technique qui repose sur des connaissances mais aussi sur la faculté de percevoir des sensations à travers un corps à corps avec sa monture. En effet, ce sont les sensations corporelles qui guident le couple cheval-cavalier dans une recherche de perfection lors de la réalisation de figures équestres d’où émerge un sentiment de beauté. Pour mieux saisir les enjeux dont il est question dans le vécu de cette cavalière, nous avons interrogé le domaine scientifique permettant d’établir un lien entre d’une part, le vécu corporel et affectif et d’autre part, l’émergence de processus cognitifs. C’est la théorie de Varela (1993) qui nous permet de montrer l’importance de considérer le corps et l’esprit comme une entité inséparable d’où émerge notre conscience. Il s’agit ensuite de montrer l’apport considérable des émotions et sentiments vécus dans la construction du sentiment de soi par la théorie des marqueurs somatiques de Damasio (1994). Il nous faut dès lors comprendre les rapports existants entre l’art équestre et la beauté qui en émerge. C’est en questionnant le domaine philosophique que nous avons pu clarifier les concepts d’art et de beauté définis l’un par Aristote, l’autre par Kant (1984). Enfin, c’est chez Honoré (1992) que nous avons trouvé d’abord, le sens caché d’une expérience vécue par la cavalière et ensuite, le concept de formativité nous autorisant à penser la formation comme un processus qui s’inscrit dans une perspective existentielle. Le cadre théorique riche en concepts nous a amené à formuler la question de recherche comme suit : comment l’art équestre et le sentiment de beauté qu’il suscite, peuvent-ils contribuer à la formativité de la cavalière ? Sur le plan méthodologique, c’est la méthode du récit de vie qui a été choisie comme méthode de recueil et d’analyse des données. Ainsi, c’est le récit d’expérience d’une cavalière de dressage en recherche de beauté avec son cheval qui constitue notre matériau. Son analyse, initiée par le Professeur de Villers (2011), a permis d’identifier l’objet de quête de la cavalière. C’est l’analyse actantielle de Greimas qui a fait ensuite parler le récit pour en extraire une dynamique et un sens global. Les résultats ont montré que la cavalière, guidée par un sentiment de beauté ressenti, cherche en réalité à éprouver dans sa relation avec le cheval, une expérience qui ouvre à l’existence. Le dévoilement, à travers cette expérience, de ses possibilités d’existence lui procure alors une satisfaction supérieure qui la pousse à s’engager dans une quête dont l’aboutissement offre une plus grande densité de sens à sa vie. Ainsi, cette recherche a mis en évidence un processus de formativité vécu par la cavalière à travers sa pratique élevée, à juste titre, au niveau de l’art. Enfin, ce travail de recherche s’achève par la formulation d’une hypothèse qui formule l’idée selon laquelle, l’art équestre, par le sentiment de beauté qu’il suscite, constitue un lieu possible d’émergence de formativité humaine. La perspective d’élargir le champ d’étude à ce qui est vécu et partagé par tous les maîtres d’équitation permettrait de rendre légitime ce qui aujourd’hui est parfois considéré comme des fabulations ou propos mystiques. Aussi une connaissance approfondie des processus de transformation mis en jeu à travers cette pratique de l’art équestre et de leurs conditions d’émergence, peut s’avérer intéressant pour améliorer toute pratique de formation destinée aux écoles d’équitation, aux académies de spectacles équestres, aux entraîneurs professionnels et même à tout cavalier soucieux de comprendre et de donner un sens à sa formation humaine par sa pratique équestre.