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Buda_40151700_2023.pdf
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- Percevoir le monde alentour et les êtres qui le constituent n’est pas un processus aussi facile qu’il n’y parait. Cela est particulièrement vrai pour la perception visuelle des mouvements humains, qui est la thématique d’intérêt de ce mémoire. En effet, un ensemble de mécanismes cognitifs d’ordre supérieur semblent jouer un rôle important dans la conception que l’on s’en fait. Des recherches scientifiques ont notamment soutenu l’impact de différentes variables, et plus particulièrement, l’impact des connaissances de la biomécanique d’un corps sur la représentation du mouvement. Cet effet a pour nom « biais biomécanique ». Ce dernier se voit impliqué au cœur d’un débat scientifique qui se questionne quant à sa provenance. Une « hypothèse visuelle » défend l’idée que la perception découle d’un apprentissage visuel tandis que « l’hypothèse motrice » suppose qu’il se développerait sur base de processus moteurs intrinsèques. Ce dernier postulat a récemment été remis en doute par les résultats obtenus dans l’étude de Vannuscorps et Caramazza (2016). C’est sur ce cadre théorique que notre première expérience se repose. Nous voulions savoir si l’apprentissage implicite de connaissances, sur les capacités biomécaniques divergentes de deux acteurs, pouvait influencer la perception de leurs mouvements de manière contrastée. Pour ce faire, une tâche de jugement d’images de comparaison, utilisant le biais d’extrapolation comme outil de mesure du biais biomécanique, a été implémentée (Freyd & Finke, 1984). Notre hypothèse était qu’une intégration implicite des connaissances sur la flexibilité du mouvement de deux acteurs provoquerait une anticipation différentielle de leur position finale. Les résultats obtenus ont été significatifs, ce qui suggère qu’un apprentissage visuel de connaissances implicites est possible et qu’il peut moduler la perception du mouvement humain. Suite à ces résultats, nous nous posions également la question de savoir si une tâche différente, telle que le pointing (positionnement d’un curseur sur un écran), pouvait permettre d’objectiver à nouveau l’effet des contraintes biomécaniques sur la perception du mouvement, via la mesure du biais d’extrapolation. L’expérience mise en place permettait d’observer les mouvements rotatifs de l’avant-bras d’un acteur, allant dans deux directions différentes (opposée ou vers le corps). Notre hypothèse était que la condition du mouvement biomécaniquement plus facile serait davantage extrapolée dans la direction du mouvement. Les résultats obtenus ont été significatifs, ce qui suggère un impact du biais biomécanique sur la perception du mouvement lors d’une tâche de pointing. Mais de manière surprenante, l’effet du biais d’extrapolation perçu était inverse (opposé aux mouvements) par rapport à celui que nous nous attendions à trouver.