Comment comprendre la trajectoire en politique de femmes d'origine subsaharienne en Belgique francophone: De l'assignation à l'émancipation?
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- Ce mémoire a pour objet de mieux comprendre les conditions et mécanismes qui ont permis à des femmes d’origine subsaharienne d'accéder à une position d'élue politique en Belgique. En effet, la présence de ces femmes dans la sphère politique est rare. D'ailleurs, selon une approche intersectionnelle, on peut considérer qu’elles s’inscrivent dans un triple rapport de domination qui leur est défavorable : un rapport de genre, de classe et ethno-racial. Six entretiens à caractère biographique ont alors été menés auprès de femmes de peau noire issue de l’immigration subsaharienne, qui ont obtenu un mandat politique en Belgique francophone. Trois concepts ont été utilisés pour construire la problématique (la classe sociale, le sexe, la race ), auquel s’est ajouté celui de complexion pour aider à saisir les constituants de ces parcours improbables. A travers la réalisation de "portraits" et leur analyse, les résultats de la recherche soulignent l’appartenance à une classe sociale aisée dans le pays d’origine, qui induit la disposition de capitaux économiques, culturels et sociaux. A cela, s’ajoute l’avantage d’être femme et plus particulièrement d’origine subsaharienne. Le genre et la race deviennent des attributs favorables à la sélection. Le mentorship est le mécanisme de sélection privilégié par les partis politiques et dans la majorité des cas, incarné par de hommes blancs influents au sein des partis. Enfin, la recherche a également mis en évidence le plafond de verre auquel elles doivent faire face, par la difficulté à s’élever au-delà du mandat local du fait d’un manque de visibilité sur les listes électorales, dans les médias, dans l’espace public et enfin, un électorat encore peu confiant.