Les processus de (re)construction de soi chez des femmes immigrées ayant subi des mutilations génitales traditionnelles Une recherche exploratoire en psychologie clinique menée par entretiens auprès de professionnels travaillant dans ce domaine en Belgique
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- Ce mémoire porte sur la question des mutilations génitales féminines (MGF) traditionnelles. Il se penche plus particulièrement sur le cas de femmes immigrées en Belgique ayant subi des MGF. Leurs histoires personnelles, quoi que singulières, portent en elles de nombreuses violences communes. Une série de raisons les amènent ainsi à quitter leur pays, et à frapper à la porte d’institutions telles que le GAMS et CeMAViE. À travers la rencontre des professionnel.le.s y travaillant, et accompagnant ces femmes sur les plans psychologique, sexologique, social et médical dans une perspective de reconstruction de celles-ci, nous tentons de comprendre une première étape du processus, à savoir quelles sont les causes de la destruction ou de l’absence de construction personnelle chez ces femmes. Nous explorons différentes thématiques telle que leur identité féminine, leur condition d’immigrées, leurs souffrances et leurs manifestations corporelles. Nous cherchons ensuite à explorer les moyens mis en place pour les accompagner vers une (re)construction de soi. Pour ce faire, nous proposons un premier état des lieux de la littérature, afin de mieux comprendre la problématique des MGF. Nous présentons ensuite l’analyse thématique des données recueillies au fil des entretiens réalisés avec les professionnel.le.s précité.e.s. Nous développons et discutons enfin certains éléments identifiés et les articulons avec des concepts théoriques. Ces développements nous permettent d’identifier la féminité et l’immigration comme des racines de l’expropriation et de la diminution de soi par l’extérieur. Cela s’imprime de multiples façons sur le corps, à la fois cible et symptôme de ces violences. Nous comprenons toutefois que leur double condition de femme et d’immigrées leur confère une grande résilience, incarnée elle aussi dans et par le corps. Les thérapies proposées s’appuient alors sur ces forces à soutenir et à déployer. Elles empruntent ainsi des voies alternatives telles que les approches corporelles et artistiques, dans un travail de reconquête d’un corps et d’un soi volés. Nous concluons de ces réflexions que les réponses apportées à cette problématique doivent être en miroir de ses complexités et de ses nuances. Elle s’inscrit en effet dans des cadres culturels différents, et touche à des domaines multiples.