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Adam_Henet_Peterson_44821600_2018-2019.pdf
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- Situation : les études affirment qu’un déficit en cognition sociale est retrouvé dans plusieurs pathologies psychiatriques importantes dont la dépression unipolaire. De plus, il a été prouvé que les patients dépressifs affichent des déficits profonds et constants concernant les fonctions interpersonnelles. Dans ce mémoire, nous postulons que les difficultés relationnelles et sociales rencontrées chez les patients dépressifs, proviennent de l’existence de plusieurs déficits dans les domaines de la cognition sociale. Objectifs : découvrir et analyser les potentiels déficits dans différents domaines de la cognition sociale (théorie de l’esprit, empathie, processus émotionnels, styles attributionnels, perception sociale et connaissances sociales) pour permettre, à l’avenir, l’émergence de nouvelles manières de prendre en charge la dépression en tenant compte des déficits en cognition sociale. Méthode et matériel : nous avons tout d’abord effectué une revue de la littérature scientifique concernant l’état des savoirs sur la problématique de la cognition sociale dans la dépression unipolaire. Ensuite, nous avons mené une étude clinique recueillant 20 patients dépressifs (répondant aux critères du DSM-5) et 20 sujets contrôles. À ces 40 participants, nous avons administré des questionnaires et des tâches sur la cognition sociale (Batterie ClaCoS). Nous avons également administré différents questionnaires/tâches évaluant la neurocognition, l’anxiété, l’alexithymie et la qualité de vie liée à la santé. Résultats : les groupes ont été matchés pour le sexe, l’âge et le niveau d’étude, ils différaient significativement entre eux au niveau de la présence de symptômes dépressifs via le BDI-13 (p<0.05). Les groupes ne se différenciaient pas significativement pour la majorité des tâches de la cognition sociale comme la perception sociale et les connaissances sociales, la précision de reconnaissance des expressions faciales émotionnelles, le seuil de détection des expressions faciales émotionnelles, la capacité de mentalisation. Cependant le groupe des dépressifs se distinguait significativement des sujets contrôles pour la perception de leurs troubles de la cognition sociale (p<0.001) plus particulièrement les patients déprimés estimaient qu’ils éprouvaient plus de difficultés pour la capacité de mentalisation (p<0.001) et qu’ils avaient plus de biais attributionnels (p=0.01) que les non-dépressifs. On observe également que l’empathie affective des dépressifs est significativement plus importante (p<0.001) que celle des sujets contrôles. De notre étude, il apparait aussi que les biais attributionnels sont plus présents chez les sujets déprimés comme le biais d’hostilité (p<0.001), l’attribution de la responsabilité (p<0.01) et le biais d’agressivité (p<0.01). Enfin, notre étude montre une corrélation positive entre l’intensité de la dépression et l’empathie affective (r=0.618, p<0.01) ainsi qu’une corrélation négative entre la présence d’alexithymie chez les patients déprimés et l’empathie cognitive (r=-0.598, p<0.01). Conclusion : ces résultats, bien que parfois discordants par rapport à plusieurs études antérieures, permettront d’avoir de nouvelles données et d’ouvrir plus largement le débat sur la cognition sociale chez les patients souffrant de dépression. Aussi, notre étude apporte une certaine nouveauté puisqu’elle met en évidence une possible variable confondante lorsqu’on évalue l’empathie des patients déprimés : la présence d’une alexithymie.