Étude de la socialité d'un jeune orang-outan en captivité dans une structure sociale monogame, une structure sociale qui se différencie du milieu naturel
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- Les orangs-outans sont les seuls primates de la famille des Hominidés ayant une structure sociale de type semi-solitaire en milieu naturel. Les interactions entre deux individus sont rares, excepté entre une mère et son jeune. Les mâles sont asociaux et ne sont jamais en contact avec des juvéniles. En conséquence, la coopération et l’apprentissage social sont des aspects de la socialité qui ne s’observent pas fréquemment chez cette espèce dans la nature. En effet, leur comportement solitaire leur laisse peu d’opportunités pour interagir, coopérer et apprendre socialement. En captivité, il arrive souvent que les structures sociales ne soient pas identiques à celles observées dans le milieu naturel. Les orangs-outans étudiés au zoo de Pairi Daiza dans le cadre de ce mémoire sont maintenus en structure sociale monogame, c’est-à-dire qu’une femelle, un mâle et leur jeune vivent ensemble dans le même enclos. Des observations (focal sampling et scan sampling) ont été réalisées pendant 10 mois pour quantifier les éventuelles interactions sociales entre les individus. Les résultats montrent des interactions plus fréquentes entre les individus captifs, en comparaison avec leurs conspécifiques sauvages : les interactions entre le mâle et la femelle restaient très limitées, mais le jeune interagissait fréquemment avec la femelle et modérément avec le mâle. Les budgets d’activité entre le jeune en captivité et d’autres jeunes en milieu naturel diffèrent fortement, ce qui peut s’expliquer par l’absence du besoin de recherche de nourriture en milieu captif. Deux analyses additionnelles ont été réalisées sur l’effet éventuel de la densité de visiteurs présents devant l’enclos et l’effet éventuel de la période de la journée sur le comportement du jeune. Aucun effet de ces deux facteurs sur le comportement du jeune n’a été démontré. Dans la seconde partie de ce mémoire, nous avons tenté de déterminer si les orangs-outans étaient capables de coopération et d’apprentissage social (deux compétences difficilement observables en milieu naturel) à l’aide de deux expériences : une tâche de traction coordonnée pour tester la coopération, et une puzzle box pour tester l’apprentissage social. Premièrement, les résultats de l’expérience destinée à démontrer la coopération sont partagés. Le mâle semblait comprendre la tâche et tentait partiellement de coopérer, mais la femelle échouait fréquemment à la réaliser. Le jeune participait très peu à cette expérience. Deuxièmement, l’expérience de l’apprentissage social a mis en évidence un apprentissage social interspécifique entre un mâle orang-outan et le démonstrateur humain. Toutefois, cette expérience n’a pas pu être menée à terme, ce qui ne permet donc pas de tirer de conclusion.