Modulation de l'activité spinale via l'hypnose : l'hypnose peut-elle moduler les potentiels évoqués somesthésiques précoces?
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- Les mécanismes de la perception de la douleur sont complexes et encore mal compris. En milieu clinique, le traitement de la douleur reste encore un défi en raison de l’insuffisance de la voie pharmacologique. Il est reconnu que le traitement de la douleur doit être fait en prenant en considération ses dimensions biologiques, psychologiques et sociales. L’hypnose utilisée depuis plusieurs années, suscite un intérêt grandissant dans le traitement médical de la douleur. Il est suggéré que son effet analgésique peut s’expliquer par la modulation de l’activité des régions cérébrales impliquées dans le traitement des aspects cognitifs et émotionnels de la douleur. Néanmoins, les preuves sont limitées quant à la modulation de l’hypnose sur les régions corticales impliquées dans les aspects sensoriels élémentaires et la transmission des signaux au niveau spinal via le système de contrôle descendant de la douleur. En ce qui concerne l’activité corticale, une étude récente a suggéré que l’hypnose module la composante N20 des potentiels évoqués somesthésiques, qui représente la première réponse corticale en réponse à une stimulation électrique de la main dans l’aire somatosensorielle primaire. Pour l’activité spinale, des études suggèrent que l’hypnose modulerait l’activité spinale en réduisant la magnitude des réflexes de retrait nociceptif, via le système descendant. Le but de cette étude est d’investiguer les effets de l’hypnose sur les composantes spinales et corticales des potentiels évoqués somesthésiques. Les activités électroencéphalographique et électrospinographique en réponse à des stimulations du nerf médian ont été enregistrées chez vingt-cinq volontaires sains sous deux conditions différentes : une condition d’éveil normal et une condition d’hypnose hypoesthésique. Les composantes N13, reflétant la transmission spinale de l’influx nociceptif, la composante corticale N20, les composantes corticales plus tardives des potentiels évoqués somesthésiques ainsi que l’intensité et le caractère déplaisant de la stimulation, ont été analysés. Une interaction entre ces mesures et l’hypnotisabilité des participants a été analysée en fonction de la condition. Les résultats ont montré que l’hypnose a diminué le caractère déplaisant, qu’elle a eu un effet léger sur l’intensité des stimulations et qu’elle a modulé les amplitudes de la N20 et P40. Cependant, aucune autre composante des potentiels évoqués somesthésiques, notamment spinale, n’a été significativement modulée sous hypnose comparée à la condition d’éveil normal. Enfin, une interaction entre l’hypnotisabilité des participants et les résultats n’a pas été observée pour toutes les mesures étudiées. Pour conclure, cette étude a confirmé une modulation corticale de l’hypnose à des étapes corticales précoces mais pas au niveau spinal et à des étapes corticales tardives. L’hypnotisabilité n’a pas influencé les amplitudes des composantes, ni les aspects émotionnels et sensoriels de la stimulation.