Persistance des maladies hydriques en zone rurale au Cameroun: étude qualitative à Bansoa-Chefferie
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- L’accès à l’eau potable reste un problème majeur dans beaucoup de pays en développement, avec pour l’une des conséquences le développement des maladies hydriques, surtout en zone rurale. Ces maladies causent encore un nombre très élevé de décès ou d’épisodes de maladies dans les pays à faible et moyen revenu tel que le Cameroun. Afin de comprendre les raisons de cette persistance des maladies hydriques en zone rurale, nous avons mené une enquête de terrain à Bansoa-Chefferie (Ouest-Cameroun). Pour ce faire, des entretiens semi-directifs ont été menés en janvier 2018, auprès de 12 femmes résidant à Bansoa-Chefferie. Un guide d’entretien a été utilisé, contenant des questions couvrant différents thèmes, parmi lesquels les caractéristiques socio-démographiques des enquêtées, l’élimination des déchets/assainissement, l’accès à l’eau, les connaissances en matière d’eau potable et de maladies hydriques, les mesures d’hygiène et de salubrité, le poids des maladies hydriques sur les ménages. Ces entretiens ont été par la suite intégralement retranscrits en vue de l’analyse. Il ressort de cette étude que la majorité de notre échantillon fait partie d’une famille polygame, avec des concessions et des ménages de taille plus ou moins grande ; leur activité principale c’est l’agriculture. L’utilisation des points d’eau non améliorés y est encore fréquente, et certains boivent cette eau non potable sans aucune précaution préalable. De plus, il n’y a aucun système organisé d’évacuation des déchets dans cette localité. Certains ménages ne disposent pas non plus de latrines aménagées, et certains habitants pratiquent encore la défécation à l’air libre ; et même les fosses des toilettes sont souvent vidangées en pleine nature ou dans les cours d’eau. Etant donné qu’il n’existe pas encore de système de couverture universelle en santé au Cameroun, le recours aux soins médicaux dans cette localité est très faible, car beaucoup font recours aux soins traditionnels. Par ailleurs, le seul hôpital de la localité est très vétuste et prédispose aux contaminations nosocomiales. La pauvreté, la consommation d’eau contaminée, l’absence de système d’assainissement adéquat et le manque d’infrastructures sanitaires adaptées peuvent donc expliquer la persistance des maladies hydriques dans cette localité. L’Etat a pris différentes mesures en vue d’assurer l’accès à l’eau et à la santé à toute la population, et mène régulièrement des campagnes de prévention ; mais cette localité peu couverte par les réseaux médiatiques n’est pas souvent atteinte par ces campagnes. Des efforts restent donc à fournir de la part de l'Etat et un réel investissement ciblé afin d‘enrayer les maladies hydriques dans cette localité.
Citations
Djoukouo Kouontang, S. (2020). Persistance des maladies hydriques en zone rurale au Cameroun: étude qualitative à Bansoa-Chefferie. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/17303