Développement d’ingrédients nutritionnels aux propriétés prébiotiques pour stimuler le transit et améliorer la santé intestinale.
Files
Vivas_30191900_2022.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 12.95 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Au cours du temps, les changements des habitudes alimentaires et la sédentarité ont conduit à une exposition plus importante de la population aux troubles du transit intestinal et, en particulier, à la constipation. Avec une prévalence atteignant 14% de la population mondiale, il devient crucial d’envisager de nouvelles pistes thérapeutiques. Outre les modifications des habitudes hygiéno-diététiques et les traitements médicamenteux, il existe depuis de nombreuses années sur le marché des compléments alimentaires aux propriétés laxatives. Cependant, pour certains d’entre eux, leur utilisation est remise en cause notamment par l’EFSA (European Food Safety Authority) qui a rendu un avis défavorable quant à l’utilisation des anthraquinones dans les compléments alimentaires attestant d’un possible potentiel cancérigène de ces molécules chez l’Homme. Par conséquent, la commercialisation des compléments alimentaires incriminés ne sera plus autorisée à partir de 2022. L’objectif du projet GUTTRANSIT dans lequel s’inscrit ce mémoire, est de développer de nouveaux ingrédients nutritionnels permettant de stimuler le transit intestinal, notamment via une modulation du microbiote intestinal. Deux expériences ont été réalisées jusqu’à présent en utilisant un modèle de constipation transitoire induite par du lopéramide chez la souris qui ont reçu une alimentation de base pour rongeurs enrichie en différents extraits végétaux (rhubarbe, kiwi, triphala, magnolia, pivoine et acacia). Le transit intestinal a été étudié en déterminant la production fécale après avoir traité ou non les souris avec le lopéramide (IP, 3 mg/kg). Un protocole test a également été développé au cours de ce travail pour induire une constipation persistante grâce à l’administration de lopéramide (0.005%) via l’eau de boisson. Les supplémentations en extraits de pivoine, de magnolia et d’acacia induisent une production de selles (nombre et/ou poids) plus importante au bout de 2 semaines de traitement. Cet effet persiste après une injection de lopéramide effectuée après 3 semaines de traitement mais uniquement pour les extraits de magnolia et d’acacia. Au bout de 4 semaines de traitement, les extraits de kiwi et d’acacia induisent l’expression des marqueurs régulant la barrière intestinale dans le côlon (ZO1, MUC2, REG3G et PLA2G2A). Par ailleurs, une augmentation de la taille des cryptes et des villosités dans l’iléon, ainsi que de la couche de mucus dans le côlon a été mise en évidence chez les souris ayant reçu une supplémentation en extrait d’acacia. Cependant, les extraits de magnolia et d’acacia augmentent l’expression de marqueurs inflammatoires (F480 et TNF, respectivement) dans le foie. L’analyse des transaminases plasmatiques suggère une (hepato-)toxicité suite à l’administration de l’extrait de magnolia. Enfin, l’extrait d’acacia est le seul extrait favorisant la croissance de bactéries bénéfiques pour l’hôte puisqu’il augmente le nombre de bifidobactéries dans le contenu cécal. L’extrait d’acacia répond à la majorité des critères établis pour satisfaire à l’objectif principal du projet, à savoir une stimulation de la production de matières fécales (en condition normale et après l’induction d’une constipation à l’aide du lopéramide), tout en améliorant la physiologie intestinale. De par son effet bifidogénique avéré, ce composé pourrait être considéré comme un prébiotique. Même si une certaine réserve est à considérer quant à son effet potentiellement inflammatoire au niveau hépatique, tous les éléments font de cet extrait un candidat intéressant pour la création de compléments alimentaires innovants, exempts de composés anthraquinoniques, permettant de stimuler le transit intestinal.