Rites et deuils en temps de covid-19 : Par quels processus les liens perpétuels sont-ils élaborés ?
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- En mars 2020, pour enrayer la propagation du covid-19, le Gouvernement belge suspend les pratiques socioculturelles traditionnellement liées au deuil. L’étude longitudinale ‘Covideuil’ s’intéresse au phénomène des processus de deuil dans ces circonstances particulières. Dans le cadre de cette recherche internationale, le présent mémoire (1) investigue la question des processus impliqués dans l’élaboration des liens perpétuels. La ‘continuing bonds theory’, développée en 1996 par Klass, Silverman et Nickman, postule qu’il n’est pas nécessaire de couper tout lien avec le défunt pour s’ajuster à la perte. De surcroit, la nouvelle relation entretenue peut soutenir l’actualisation du survivant et favoriser l’adaptation au deuil. Ce mémoire (2) évalue également dans quelle mesure l’absence – ou la modification – des rites traditionnels – pré-, péri- et post-mortem – joue un rôle dans la manière dont ces liens perpétuels sont construits et exprimés. L’objectif fondamental de cette recherche est d’approfondir la compréhension d’un concept existant – pas de créer une nouvelle théorie – et de développer une connaissance locale – concernant le deuil en Belgique en contexte covid. Cette étude qualitative se fonde sur 5 entretiens, qui ont été menés par la chercheuse C. Boever, dans le cadre de l’étude ‘Covideuil’. Les 5 participants ont vécu un deuil entre mars 2020 et juin 2021. Leurs propos ont fait l’objet d’une analyse phénoménologique interprétative. Cinq processus d’élaboration des liens perpétuels ont été identifiés : ceux-ci sont construits et entretenus par l’intermédiaire (1) de certains objets qui matérialisent la relation, (2) de certaines actions qui prolongent celles du défunt ou qui sont neuves, (3) d’expériences de présence durant lesquelles les participants disent se sentir proches du défunt, (4) de l’élaboration – individuelle et collective – d’un récit narratif sur la personne décédée, et (5) de l’investissement dans la défense d’une cause particulière. Pour prolonger cette étude, il serait intéressant (1) d’investiguer l’aspect organismique et sensoriel de l’expérience des liens perpétuels, (2) d’évaluer dans quelle mesure l’intensité des liens perpétuels perdure davantage dans le temps quand le décès a eu lieu en temps de crise sanitaire et (3) d’explorer l’élaboration des liens perpétuels à la lumière de la question du genre.